Après une vague de gel qui a causé de nombreux dégâts sur le terrain, c’est au tour de la sécheresse d’inquiéter agriculteurs et éleveurs. « Pour qu’elle pousse, une plante a besoin d’eau et de chaleur, et on n’a ni chaleur, ni pluie », relate Frédéric Robert, le secrétaire général de la FDSEA Maine-et-Loire à La France Agricole.

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Les éleveurs ne pourront bientôt plus nourrir leur bétail

« Le manque d’eau a des effets sur les stocks de fourrage qui se font au printemps et notamment pour les systèmes basés sur l’herbe. Il y a plus d’un tiers de rendement en moins par rapport à l’année dernière, voire moitié moins sur les terres superficielles », s’alarme Frédéric Robert.

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C’est donc le potentiel des prairies avec une herbe qui ne pousse pas qui inquiète davantage les éleveurs qui ont besoin de nourrir leur bétail. A cela s’ajoute « des stocks de fourrages parfois proches de zéro, les craintes sont donc plus que jamais légitimes », estiment la FDSEA et les JA Maine-et-Loire dans leur communiqué de presse du 27 avril 2021.

« Très inquiet pour le monde allaitant » qui se bat déjà sur le front de la Pac, Frédéric Robert l’affirme : « C’est la double peine pour le monde de l’élevage car on doit nourrir les animaux. Les éleveurs n’ont plus le moral. Et s’il n’y a pas d’eau d’ici à 15 jours, nos bêtes iront à l’abattoir. »

Un appel au secours pour sauver les éleveurs

« La situation n’est pas encore alarmante et il ne s’agit pas de la noircir, mais nous savons déjà que la météo des prochains jours sera déterminante », préviennent les deux syndicats. « On a voulu anticiper et on s’est dit qu’il y avait plein d’hectares d’herbe non utilisés. Donc s’ils peuvent servir à des agriculteurs, ça serait une bonne chose », ajoute le secrétaire général de la FDSEA 49.

Le communiqué de presse conjoint vise donc à demander l’aide des collectivités locales et du département pour qu’au lieu de broyer certaines parcelles, celles-ci soient proposées à des éleveurs qui, en échange, les entretiendraient gratuitement.

Concrètement, il s’agit de « mettre à disposition toutes les zones en herbe (délaissées, abords de zones d’activités, terrains non exploités, banquettes de bords de route…) qui pourraient être fauchées et récoltées par les éleveurs dans le besoin », poursuit le communiqué de presse. Un appel qui s’adresse également aux particuliers.

« Ça ne réglera pas tout, admet Frédéric Robert. Tout va se jouer dans les 15 prochains jours. Mais cette opération de solidarité peut au moins aider d’ici là. »

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Oriane Dieulot