« En 2020, 76 % des occasions de repas ont été prises à domicile, contre 69 % l’année précédente », introduit FranceAgriMer dans une étude publiée le 12 juillet 2021 et construite à partir des données du panel Kantar. Cette évolution, en lien direct avec la crise sanitaire, a profité aux ventes de produits laitiers en grande distribution, en volume comme en valeur puisque « les indices des prix ont atteint un niveau record en 2020, hors yaourts et desserts lactés. »

Cette même année, la part du circuit de distribution on line, comprenant le drive et les livraisons, « a connu un bond de croissance pour atteindre un niveau qu’il n’aurait atteint que deux ans et demi plus tard s’il avait suivi sa tendance antérieure », relate FranceAgriMer.

La crème conditionnée, grande gagnante 2020

En 2020, les ventes de crème conditionnée auprès des ménages ont bondi de 13,8 % en volume et 15,4 % en valeur. Sur le seul mois d’avril, les ventes ont progressé de plus de 40 % en volume sur un an. « La crème a tiré profit des comportements de stockage mais également du développement de la cuisine faite maison », analyse l’institut technique.

Toutes les gammes de crèmes sont concernées par ce rebond, avec en tête la crème longue conservation (+ 17,6 %/2019 en volume).

Regain d’intérêt pour le lait liquide

« Le développement de la consommation à domicile a mis fin à la tendance décroissante des achats de lait conditionné par les ménages français », avec des ventes en progression de 4,8 % en volume et 6 % en valeur. « La consommation s’est développée grâce à la hausse des prises de petit-déjeuner à domicile, mais également (et peut-être surtout) grâce à l’utilisation du lait comme ingrédient dans les recettes (gâteaux, crêpes, etc.). »

En volume, les plus fortes croissances annuelles sont observées sur le lait entier (+ 14,2 %) et les laits vitaminés (+ 14,5 %) de longue conservation. Bien que moins adaptés au stockage, les laits frais et fermentés ont tout de même vu leurs ventes croître de 1,3 %. Seuls les laits enrichis (- 21 %) et de chèvre (- 9,4 %) sont en perte de vitesse en 2020.

Embellie généralisée

La croissance est également de mise sur les autres familles de produits laitiers. Les ventes ont progressé de 7,6 % en volume sur les matières grasses solides. « Le beurre (+ 9,3 %) a tiré la croissance de cette famille », précise FranceAgriMer.

Dans la catégorie des ultra-frais, les achats des ménages ont augmenté de 3,7 % sur un an, en volume toujours. Les yaourts allégés (-3,8 %) et l’ultra-frais à base de lait de chèvre (- 1,5 %) n’ont en revanche pas profité du bouleversement des modes de consommation.

Enfin, du côté des fromages, les ventes ont gagné 8,5 % en volume pour les produits à base de lait de vache, 7,2 % pour le chèvre et 5,5 % pour la brebis. La mozzarella, le parmesan, l’emmental râpé, l’Ossau Iraty et les bûchettes de chèvre, entre autres, ont eu le vent en poupe.

Alerte sur la bio

« Les produits laitiers biologiques ont moins progressé que les produits non biologiques en moyenne sur l’année et les yaourts et fromages frais biologiques ont même enregistré une baisse des volumes, pour la première fois depuis plusieurs années », résume l’institut. L’essor d’autres mentions valorisantes, comme les AOP, le label rouge ou l’Origine France, une offre potentiellement moins diversifiée en drive ou un prix parfois rédhibitoire sont autant d’explications avancées par les experts.

Les desserts lactés frais biologiques sont néanmoins restés particulièrement attractifs en 2020, avec des quantités achetées en hausse de 14,2 %, contre 4,9 % sur le segment conventionnel.

Alexandra Courty