Selon une enquête coordonnée par Terres Univia et Terres Inovia, la qualité des graines de pois en France, malgré une récolte tardive en 2021, est globalement correcte. « La teneur en protéines moyenne, à 22,7 % de la matière sèche (MS), est supérieure de 1,1 point à celle de 2020 », indique leur note commune, publiée le 19 janvier 2022. Avec une moyenne de 13,9 %, la teneur en eau est aussi considérée comme correcte (+1 point par rapport à 2020).

« Tous les lots récoltés en 2021 peuvent convenir pour l’alimentation animale et une grande partie peut être utilisée en alimentation humaine, affirment les deux instituts. Toutefois, sur le marché, la demande a souvent été confrontée à un manque de lots de belle qualité pour le débouché de la consommation humaine », nuancent-ils.

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Concentration et transfert d’azote

La teneur moyenne en protéines des graines, mesurée sur 104 échantillons, est supérieure de 0,4 point à la moyenne des dix dernières années, avec des différences régionales peu marquées. Une forte variabilité est néanmoins recensée à l’intérieur de certains bassins (Ouest Poitou-Charentes et Est).

Source : Terres Univia et Terres Inovia

Cette bonne teneur en protéines de la récolte de 2021 s’explique notamment par le gel tardif du mois d’avril, qui a limité le nombre de gousses et de graines par plante et ainsi concentré l’azote. « La fin de cycle bien arrosée a permis un bon remplissage des graines mais a aussi provoqué le développement tardif de maladies comme l’ascochytose qui a pu favoriser les transferts d’azote vers les graines », ajoutent Terres Univia et Terres Inovia.

Des graines peu affectées par les maladies

55 % des lots échantillonnés contiennent plus de 1 % de graines cassées ou splittées, et près de 7 % des graines germées en faible proportion. La récolte tardive, souvent réalisée en surmaturité, explique principalement cette qualité visuelle, jugée moyenne par les deux instituts. Les dégâts d’insectes sont minimes (moins de 1 % de graines attaquées pour 94 % des lots étudiés) et les niveaux d’impureté satisfaisants (aucun échantillon supérieur à 10 %).

« Les graines tachées sont relativement peu nombreuses cette année puisque 87 % des lots en contiennent moins de 1 %. Les maladies se sont en effet développées à la surface des gousses mais ont finalement peu affecté les graines à l’intérieur », affirme la note.

Par ailleurs, aucune des mycotoxines de champ n’a été retrouvée dans les 10 lots choisis aléatoirement pour cette analyse.

Charlotte Salmon