Les dégâts de gel sur pois sont variables. « Ils sont considérables dans certaines parcelles, avec des gels d’apex », indique Agathe Penant, de Terres Inovia. Des redémarrages sont observés par endroits. « De nouvelles feuilles émergent au niveau du bourgeon axillaire, ou à la base du bourgeon qui a gelé. De nouvelles tiges se forment aussi : les plantes devraient grandir et fleurir rapidement grâce à l’eau, ajoute-elle. On ne se rend cependant pas encore compte du rattrapage possible dans les parcelles où un pourcentage important de plantes a gelé. »

Des plantes affaiblies

Les gelées en février ont initié la présence de bactériose dans les pois, amplifiée ensuite par les épisodes de gel de mars, et surtout d’avril. « Il n’existe pas de solutions curatives contre cette maladie, rappelle l’ingénieure. J’entends parler du cuivre, mais il s’utilise en préventif, selon moi. Il aurait fallu le mettre en décembre ou janvier. Un traitement fongique permettra de limiter le développement de l’ascochytose, qui est aussi présente dans les parcelles, mais n’agira pas sur la bactérie. Aujourd’hui, on subit un peu. »

La spécialiste appelle aussi à prêter attention aux pucerons verts. « Les plantes sont déjà stressées : on risque de voir apparaître des symptômes de viroses plus facilement », prévient-elle. Le seuil d’intervention en pois d’hiver est fixé à trente pucerons par plante. En floraison, le Mavrik Jet pourra être utilisé, et si elle n’est pas encore atteinte, le Karaté K.

Les pois de printemps doivent également être surveillés, « notamment en situation de stress hydrique », ajoute la spécialiste. Le seuil d’alerte est plus bas, de dix à vingt pucerons par plante.

Justine Papin