Les exportations de blé tendre français pour la campagne de 2021-2022 sont en baisse, selon les dernières prévisions de FranceAgriMer du 12 janvier 2022, annoncées à l’issue de son conseil spécialisé en grandes cultures.

« Il s’agit de la principale évolution sur le bilan français du blé tendre, par rapport aux prévisions de décembre dernier », indique Marc Zribi, chef de l’unité des grains et du sucre de l’établissement.

Une compétitivité prix pénalisée

Les exportations françaises de blé tendre reculeraient donc de 275 000 tonnes (−75 000 tonnes vers l’Union européenne et −200 000 tonnes vers les pays tiers), à 16,8 millions de tonnes (Mt) pour la campagne de 2021-2022. « Cette baisse s’explique par différents facteurs, avec tout d’abord un démarrage un peu plus tardif de la campagne d’exportation du fait du retard des récoltes, et surtout une compétitivité des prix pénalisée en début de campagne d’exportation par des cours du blé très élevé en euros et une parité euros/dollars nettement moins favorable (environ 350 dollars la tonne en octobre et novembre, contre 320 aujourd’hui) », indique Marc Zribi.

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Les utilisations totales en blé tendre pour 2021-2022 passeraient ainsi à 32,1 Mt, conduisant à « un alourdissement du bilan » à 3,6 Mt. Cela représente une augmentation de 138 000 tonnes par rapport aux prévisions de FranceAgriMer de décembre.

Rythme d’exportation faible vers l’Algérie

Le statu quo observé sur les exportations de blé tendre français vers l’Algérie « pèse à ce stade sur la performance attendue à l’exportation, même si on peut penser que cette baisse des volumes pourrait être en partie compensée par l’Égypte, le Maroc ou encore la Chine », indique Marc Zribi. En effet, le réalisé vers l’Algérie au 31 décembre 2021 était de 1,154 Mt, alors qu’en année « classique » et hors campagne de 2020-2021 (non significative), le rythme d’exportation se situe plutôt autour de 4 Mt par an.

« Ce statu quo est difficile à expliquer, le contexte géopolitique entrant certainement en jeu, en plus des aspects de compétitivité et de réfaction possible sur la qualité. Pour ces mêmes raisons, il est difficile d’aller plus loin dans l’exercice de prévision : il est préférable de rester prudent à ce stade », estime le chef d’unité de FranceAgriMer.

Un bilan lourd, mais sûrement évolutif

Le stock de fin de campagne du blé tendre français, prévu avec les éléments à disposition maintenant, serait donc parmi les plus élevés observés par FranceAgriMer depuis 2011-2012. « Cela étant dit, on peut raisonnablement penser que la situation en deuxième partie de campagne devrait être évolutive, entre regain de compétitivité et demande internationale très forte de la part des différents pays importateurs », précise Marc Zribi.

À l’inverse, ce stock pourrait être maintenu selon le niveau d’exportations vers l’Algérie, les niveaux d’incorporation en alimentation animale (situation de grippe aviaire à suivre de près, pour le blé comme pour les autres céréales) ou encore l’évolution de la crise sanitaire (avec son impact sur les politiques d’achats des pays importateurs).

Charlotte Salmon

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Une embellie de courte durée en blé

« L’embellie n’a pas duré longtemps », souligne Sitagri, alors que le blé était marqué le 24 mai 2022 à la baisse, après avoir rebondi au début de la semaine. À Chicago, les marchés ont en effet clôturé mardi en ordre dispersé : le blé a cédé 35 c et le maïs 14 c.