Une étude menée par l’institut de recherche HFFA Research et présentée le 17 mai 2021 par Euroseeds (association professionnelle pour l’industrie des semences dans l’Union européenne), estime que les deux stratégies européennes « De la ferme à la fourchette » et « Biodiversité » pourraient entraîner « une réduction de la production agricole de plus de 20 % » si elles étaient mises en œuvre intégralement d’ici à 2030. Mais selon les auteurs, le recours rapide à la sélection végétale innovante comme les NBT (nouvelles techniques de sélection génomique) permettra de compenser une bonne part de cette baisse.

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+1,16 % de rendement par an

« En moyenne et dans toutes les grandes cultures arables cultivées dans l’Union européenne, la sélection végétale contribue à hauteur d’environ 67 % à la croissance des rendements induite par l’innovation, soulignent les auteurs de l’étude. Cela équivaut à une augmentation des rendements de 1,16 % par an. » Et d’insister : « Sans progrès dans la sélection des plantes au cours des vingt dernières années, l’Union européenne serait devenue un importateur net dans toutes les grandes cultures arables en 2020, y compris le blé et d’autres céréales. »

« À l’avenir et surtout compte tenu des stratégies de l’Europe, […] la sélection végétale peut compenser en partie les effets économiques et environnementaux potentiels non prévus de ces stratégies, soutenant ainsi leurs objectifs globaux », affirme Steffen Noleppa, directeur général de HFFA Research et auteur principal de l’étude. Selon lui, « cet effet compensatoire serait considérablement amélioré par l’augmentation des investissements dans la sélection végétale innovante ». Par exemple dans les nouvelles techniques de sélection ou NBT.

« Contrecarrer » 55 % de la baisse des revenus agricoles

Les améliorations génétiques des cultures (notamment grâce aux NBT) au cours des dix prochaines années pourraient « contrecarrer environ 55 % » de la baisse des revenus agricoles en 2030 qui peut être attribuée aux impacts sur la production et l’approvisionnement de la mise en œuvre de ces stratégies.

« Toutefois, ce n’est qu’avec un cadre politique et réglementaire qui englobe pleinement l’adoption de l’innovation en matière de sélection végétale que l’Union européenne peut libérer le potentiel de sa contribution éventuelle. C’est pourquoi […] Euroseeds appelle à une action urgente pour aligner sa législation vieille de plus de vingt ans sur les progrès scientifiques », conclut Garlich von Essen, secrétaire générale d’Euroseeds.

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Isabelle Escoffier