Dans une note du 15 décembre 2021, Météo-France dresse le bilan de l’année 2021. Et si 2020 fut la plus chaude jamais mesurée en France et dans le monde, 2021 ne détiendra pas ce record. Elle devrait figurer parmi les dix, voire les cinq années les plus chaudes sur la planète. 2021 se caractérise par des événements météorologiques mémorables en France : pluies abondantes et crues en hiver, gelées tardives en avril, pluies diluviennes en été…

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1. Un hiver exceptionnellement pluvieux

Interrogé sur les faits climatiques marquants de 2021, le climatologue à Météo-France Matthieu Sorel relève en premier lieu les pluies records de l’hiver qui ont généré des crues et des inondations. « De l’année 2021, nous retiendrons les crues de janvier et février sur le Centre-Ouest et le Sud-Est. »

En février 2021, alors qu’il restait encore vingt jours d’hiver météorologique, Météo-France relève des records de précipitations déjà battus notamment dans le sud des Landes et sur la côte basque. Sur la station de Dax dans les Landes, il est tombé plus de 650 millimètres de pluies, contre 320 en moyenne.

Autre exemple dans le secteur de Marmande, dans le Lot-et-Garonne, où la Garonne a atteint des hauteurs exceptionnelles. Seul le département du Languedoc a été épargné. Ces pluies qui ont engendré des crues et des inondations ont laissé derrière elles des paysages de désolation partout en France.

De 2021, « nous retiendrons [également] les épisodes chauds de février et de mars ne laissant aucune chance à la végétation lorsque de fortes gelées furent observées au début d’avril », constate Matthieu Sorel, de Météo-France.

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2. Des gelées printanières historiques

En avril 2021, les pluies records et le pic de douceur remarquable ont laissé place à des gelées tardives. Dès le tout début du mois, des gelées quasi généralisées sont tombées sur les deux tiers nord de la France, affectant particulièrement les régions du Bassin parisien au Val de Saône.

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La nuit du 7 avril 2021 fut ainsi une des plus froides depuis 75 ans. Les végétaux, les vignes et les arbres fruitiers particulièrement, poussés à la floraison précoce par la chaleur de mars, ont subi des dommages parfois irréversibles. Conséquence directe, les récoltes de fruits et légumes ont chuté en 2021.

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3. Le retour des pluies en été

Après la gelée printanière, l’année 2021 a continué sur sa lancée avec un été marqué par une succession de gouttes froides qui ont occasionné de nombreux passages perturbés. De très fortes rafales de vent ont été enregistrées, atteignant souvent des niveaux inédits en juillet. De nouveaux records mensuels ont ainsi été établis sur la pointe bretonne, tels que 146 km/h dans le Finistère, mais également dans la Manche, avec par exemple, 122 km/h à Barneville.

Du côté des précipitations estivales, elles ont largement dégradé la qualité des céréales et perturbé les travaux de récolte, laissant les agriculteurs accuser de lourdes pertes. Mais les pluies abondantes ont aussi permis de remplir les nappes souterraines à des niveaux très satisfaisants.

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Pour la fin de l’été 2021, en septembre, des pluies diluviennes exceptionnelles ont touché la moitié sud du pays. L’équivalent de deux mois de précipitations s’est abattu sur Agen en quelques heures. Interrogé le 10 septembre 2021, François Gourand, expert à Météo-France, expliquait que de telles intensités étaient « historiques. Il s’agit même d’un épisode pratiquement improbable pour le climat d’Agen, dont l’occurrence s’explique en partie par l’effet du changement climatique. »

Une semaine plus tard, le Gard était concerné à son tour. En quelques heures, l’équivalent de plus de deux mois de pluies s’est abattu sur le sud et l’ouest du département, notamment Nîmes et sa région.

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Oriane Dieulot