Dans un rapport publié le 28 octobre 2021 la Fédération française des assurances (FFA) a calculé l’impact du changement climatique sur les assurances à l’horizon de 2050. Ainsi entre 2020 et 2050 La facture totale des sinistres climatiques pourrait atteindre 143 milliards d’euros d’ici à 2050 contre 69 milliards d’euros entre 1989 et 2019.

> À lire aussi : Les assureurs en ordre de marche pour la réforme de l’assurance récolte (16/09/2021)

24 milliards d’euros pour le réchauffement climatique

Pour obtenir ces résultats la FFA a réalisé sur les « 31 prochaines années une projection sociodémographique en la couplant à une projection climatique. Cela a permis de projeter les indemnisations que verseront les assureurs d’ici à 2050. »

> À lire aussi : Aide à l’assurance récolte, pensez à renvoyer la déclaration de contrat (15/10/2021)

L’augmentation de la « masse assurable », du fait de la hausse des richesses, serait « le premier facteur explicatif », comptant pour un peu plus de la moitié de l’augmentation des sinistres, a expliqué Franck Le Vallois, directeur général de la FFA.

Vient ensuite le réchauffement climatique qui devrait représenter un coût de 24 milliards de d’euros d’ici à 2050, soit 34 % de l’augmentation totale Le reste de la hausse proviendrait des événements extrêmes, liés à la variabilité naturelle du climat, et de la répartition des populations.

À lire aussi : Le point à mi-parcours du Varenne agricole de l’eau et de l’adaptation au changement climatique (21/10/2021)

43 milliards d’euros pour les sécheresses

Le rapport étudie aussi l’impact de différents sinistres comme la sécheresse, les inondations et les tempêtes, sur les assurances. Ce sont les sécheresses qui devraient coûter le plus cher aux assureurs dans les prochaines années. L’étude conclut à une tendance haussière forte de ce péril pour ce qui est des dégâts indemnisés par les assureurs.

À l’horizon de 2050, la FFA prévoit que les sécheresses devraient coûter 43 milliards d’euros en cumulé. La charge moyenne annuelle due à ces incidents climatiques triplerait par rapport à celle constatée entre 1989 et 2019 (13,8 milliards de dollars. Le changement climatiques devrait peser pour 17,2 milliards d’euros dans cette évolution.

Le rapport montre également que la hausse de « la sinistralité » est assez localisée puisque cinq départements concentrent à eux seuls les deux tiers de cette augmentation. « Les départements qui contribuent le plus à cette hausse sont la Haute-Garonne (23 %), la Gironde (19 %), les Bouches-du-Rhône, le Tarn-et-Garonne et le Tarn (8 %) », précise le rapport

> À lire aussi : La réforme de l’assurance récolte divise les syndicats (13/09/2021)

Près de 50 milliards d’euros pour les inondations et les tempêtes

Pour ce qui est des inondations, elles devraient aussi se faire « de plus en plus fréquentes et de plus en plus coûteuses », selon José Bardaji, directeur des statistiques et de la recherche économique de la FFA.

Entre 2020 et 2050, le coût cumulé pour les assurances s’élèverait à 50 milliards d’euros soit une progression de 81 % par rapport à la période passée (27,6 milliards de dollars entre 1989 et 2019). Pour ce péril, le changement climatique ne devrait peser « que » 3,1 milliards d’euros.

Enfin concernant les tempêtes, « en l’absence d’impact du changement climatique, la charge atteindrait 46 milliards d’euros sur la période de 2020 à 2050 » contre 31,5 milliards d’euros entre 1989 et 2019, soit une hausse de 46 %. Cette évolution « du coût associé aux tempêtes provient quasi exclusivement de l’effet de richesse qui accroît ce dernier de 15 milliards d’euros », précise le rapport de la FFA.

> À lire aussi : Les agriculteurs inondés comptent sur le ministre (01/09/2021)

Marie-Astrid Batut, avec l’AFP