En Saône-et-Loire comme en Côte-d’Or, la crue de juillet 2021 est une première. « L’eau est passée au-dessus des têtes de tournesol et des panouilles de maïs », pointe Vivien Niot, en Gaec avec ses parents sur une exploitation de polyculture-élevage laitier de 280 ha de SAU à Chivres (Côte-d’Or).

Ainsi, dix hectares de tournesol n’ont pas pu être récoltés, de même que 22 ha de maïs en pleine fécondation. Inondé, le soja n’a pas été ramassé et sept hectares de blé ont dû être moissonnés avec des chenilles. Pour le seul atelier céréales et oléoprotéagineux, la perte de chiffre d’affaires atteint 60 000 euros.

Alors que 2021 était une opportunité de se faire de la trésorerie avec des cultures d’été prometteuses et des prix à la hausse, il faudra peut-être décaler des annuités de la ferme, en particulier celles du robot de traite installé l’an passé.

L’eau a stagné longtemps

Cette crue estivale a souligné à nouveau le mauvais entretien des digues et l’absence de curage des fossés et des cours d’eau, dus en partie aux blocages liés à la loi sur l’eau. « Dans certaines parcelles, il a fallu attendre deux semaines et demie pour que l’eau s’évacue », déplore Vivien.

Alors que pour le seul département de la Saône-et-Loire, 9 800 ha de prairies et 7 200 ha de cultures ont été endommagés, la demande d’un accompagnement spécifique reste sans réponse. De nombreuses fermes seront écartées des aides du fond de calamités car elles ont des parcelles assurées ou présentant des pertes de produit brut inférieures à 13 %.

Malgré la visite du préfet sur l’exploitation, Vivien Niot craint de n’avoir aucune aide, mis à part un dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti et une prise en charge partielle de cotisations sociales MSA. « C’est démoralisant. On a l’impression de travailler pour rien. Il faudra deux à trois ans pour s’en remettre, à condition que les années prochaines soient correctes. »

Anne Bréhier