Les perspectives mondiales de l’urbanisation publiées en novembre 2025 par l’Organisation des Nations unies (ONU) constatent qu’ « aujourd’hui, il y a davantage de personnes qui vivent dans des villes, que dans des villages ou des zones rurales. » Conséquence, « ces déplacements de population réduisent la capacité locale de production alimentaire et accentuent la pression sur les terres agricoles restantes ».
Une France rurale
Le monde s’urbanise. En 2025, 45 % des 8,2 milliards d’habitants du monde vivaient dans des villes (20 % en 1950), 36 % dans des bourgs (40 % en 1950) et les 19 % restants dans des zones rurales (40 % en 1950).
Sur les 237 pays du globe, les zones rurales restent toutefois le mode d’habitat dominant dans 62 pays, dont la France. L’ONU précise que les zones rurales ont été le lieu de résidence le plus fréquent des Français au cours des cinquante dernières années. Et cette tendance devrait se poursuivre jusqu’en 2050.
En 2025, 37,5 % des Français résidaient en milieu rural, 28,1 % en ville et 34,4 % en agglomération. En 2050, l’ONU prévoit que 36 % vivront en milieu rural, 29 % en ville et 35 % en agglomération. La France conserve des proportions relativement stables de ses populations urbaines et rurales.
Terres agricoles urbanisées
« Alors que la population rurale mondiale approche de sa taille maximale, elle fait face à des défis sans précédent, poursuit l’ONU. Outre ses conséquences environnementales, l’expansion urbaine a entraîné le déplacement des terres agricoles, menaçant la sécurité alimentaire. »
Environ 60 % des terres mondiales absorbées par l’urbanisation depuis 1970 étaient auparavant utilisées pour l’agriculture. Les régions concernées sont « confrontées au défi de préserver leurs terres agricoles face à une croissance économique rapide et à un besoin croissant d’infrastructures ».
Dès 2018, la Commission européenne avait lancé l’alerte, affirmant qu’il était « vital d’empêcher l’expansion urbaine sur les sols très fertiles pour garantir la sécurité alimentaire ». Un message que relaie et actualise l’ONU dans ses conclusions.