C’est une journée chargée pour la ministre de l’Agriculture. Après avoir assisté aux rendez-vous avec les syndicats agricoles (Jeunes Agriculteurs, FNSEA, Coordination rurale, Confédération paysanne) à Matignon en compagnie du Premier ministre, Annie Genevard a filé sur une exploitation dans les Yvelines dans l’après-midi du 19 décembre 2025.
Les rendez-vous ayant pris du retard, elle est arrivée avec près d’une heure en retard pour visiter l’exploitation et échanger avec les agriculteurs.
Point d'étape en janvier
Quels ont été les sujets discutés ? Les mêmes que ceux qui ont fait l’objet des manifestations à Bruxelles, et dans le reste de la France de ces derniers jours : le projet d’accord avec le Mercosur, la stratégie sanitaire liée à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (appelé aussi « taxe carbone » ou MACF) et le budget de la Pac.
En visite dans une ferme céréalière, c’est surtout sur la question du mécanisme d’ajustement aux frontières que la ministre espère « des bonnes nouvelles » à annoncer aux éleveurs lors du prochain point d’étape avec les syndicats la première semaine de janvier avec le Premier ministre. » J’espère que la première semaine de janvier nous pourrons leur dire que nous avons réussi à neutraliser cette taxe », a-t-elle assuré devant les journalistes. Seulement la taxe carbone devrait être appliquée dès le premier janvier 2026, laissant une faible marge de manœuvre — soit ces dix prochains jours — au gouvernement.
Objectif « neutraliser » la taxe carbone
Sur l’accord commercial avec le Mercosur, la ministre réaffirme que « tel qu’il a été signé il y a un an, il n’est pas acceptable ». Là encore, la ministre tente de rallier d’autres pays européens avec la France minoritaire, d’ici au rendez-vous du 12 janvier, pour une potentielle signature de la part de la Commission européenne.
Sur la dermatose, sommes-nous en bonne voie pour éradiquer la maladie ? « Je le crois », a répondu Annie Genevard, qui appelle « par solidarité à l’égard de [tous ceux] qui ont besoin de travailler en cette fin d’année » à « l’apaisement ». « Il faut vraiment que Noël puisse se faire. »
Quelle suite du mouvement ?
Alors que 93 actions et moins de 4 000 personnes étaient recensées sur les points de blocage par le ministre de l’Intérieur dans l’après-midi, la FNSEA et JA ont fait part de leur souhait de suspendre les mobilisations pour la période des fêtes.
De son côté, chaque section départementale de la Coordination rurale sera « autonome » pour décider de la levée ou non des blocages, même si son président appelle auprès de La France Agricole à « la bienveillance envers tous les concitoyens. […] Il faut que les manifestants aillent se reposer. » En début de soirée, certains agriculteurs souhaitaient bloquer de nouvelles autoroutes, comme l’autoroute A6 près de Mâcon (Saône-et-Loire).