Le 21 septembre 2017, le controversé accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada, dont la négociation avait commencé en 2009, rentrait provisoirement en application. Cet accord commercial vise à supprimer la quasi-totalité des droits de douane.

Pour être définitivement applicable, le Ceta doit encore être ratifié par les parlements des Etats-membres. Le refus de ratification d'un seul parlement étant suffisant pour le faire tomber.

Le vote du Sénat reste attendu

Cinq après, la France ne l'a pas encore ratifié. Si l'Assemblée nationale l'avait voté le 23 juillet 2019, il manque toujours l'accord du Sénat. En décembre 2020, des sénateurs avaient d'ailleurs déposé une proposition de résolution afin que le sujet soit mis à l'ordre du jour.  Si les produits ne respectant pas les normes européennes sont supposés être bloqués à la frontière, les sénateurs estimaient que les capacités de contrôle des autorités françaises insuffisantes pour faire respecter la règle.

Si l'importation de viande bovine canadienne sur le marché européen avait cristallisé les critiques au point que l'ambassadrice canadienne parlait en 2020 d'un " Canada-bashing", les quotas d'importation avaient été " pratiquement inutilisés par le Canada, faute d'avoir mis en place une filière respectant les normes européennes " selon une note du ministère de l'Agriculture français de 2019.

Réagissant au cinquième anniversaire du Ceta, la Confédération paysanne a demandé au gouvernement de rejeter cet accord. " À défaut, le processus démocratique autour de cette ratification doit reprendre car son application actuelle, soi-disant provisoire, est un passage en force d'une extrême gravité. Conscient que l'équilibre politique lui est défavorable au Parlement, le gouvernement joue honteusement la montre depuis cinq ans en niant la nécessité démocratique de débat national sur cet accord ", a ajouté le syndicat dans un communiqué du 21 septembre tout en appelant l'ensemble des parlementaires à refuser la ratification du Ceta.