L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (Ceta) continue d’alimenter le débat, trois ans après son approbation par le Parlement européen et 7 mois après sa ratification par l’Assemblée nationale. Le Sénat doit, à son tour, se prononcer sur sa ratification.

« Comme si nos fermiers produisaient sans normes »

C’est pour cette raison que l’ambassadrice canadienne en France, Isabelle Hudon, était invitée à s’exprimer devant des sénateurs le 5 février 2020. « Lors du débat sur le Ceta de l’été dernier à l’Assemblée nationale, j’ai entendu des propos franchement choquants sur le Canada et son agriculture, comme si nos fermiers produisaient sans normes une nourriture dangereuse et de piètre qualité », a-t-elle affirmé. « Le terme français pour ce que j’ai entendu est presque l’agribashing, voire le Canada-bashing ». L’ambassadrice a insisté sur le fait qu’elle ne voulait pas voir son pays « abîmé, injustement taxé des pires maux sanitaires et environnementaux ».

« 0,2 gramme de viande canadienne consommé par français »

L’accord avec le Canada inquiète certaines filières agricoles et notamment celle de la viande bovine, qui craint d’être concurrencée par une agriculture qui ne respecte pas les mêmes normes de production que celles applicables en France. Isabelle Hudon a précisé que la part du marché du Canada dans la consommation de viande bovine en France s’élevait à 0,001 %. « Soit 0,2 gramme consommé par français l’an dernier, a-t-elle illustré. Sur les 70 000 élevages bovins canadiens, seule une dizaine est actuellement certifiée pour exporter leur production vers l’Union européenne. »

+46 % d’exportations de fromages français

La diplomate a également rappelé que le Ceta avait permis « d’augmenter les exportations françaises vers le Canada, de 11 % pour le vin, de 46 % pour le fromage ». Elle a prévenu qu’un rejet de l’accord de libre-échange de la part du Sénat serait « une sacrée gifle ».