Installée à Saint-Julien-sur-Calonne (Calvados), Sébastien Aubry se bat contre le tracé de la future piste cyclable reliant Pont-l’Évêque et Lisieux par la vallée de la Touques. L’éleveur de 240 bovins de race blonde d’Aquitaine dénonce « la consommation de foncier, qui est notre outil de travail, pour des activités de loisirs dans une zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique ». Il milite pour l’aménagement d’une route existante.
Un recours pour excès de pouvoir auprès du tribunal administratif
Depuis 2023, Sébastien a reçu plusieurs arrêtés préfectoraux exigeant qu’il donne accès à ses propriétés pour les relevés nécessaires à l’aménagement d’une piste cyclable. Ceux-ci ont motivé son recours pour excès de pouvoir auprès du tribunal administratif de Caen en mars 2025. Il y remet en cause l’aménagement de terres agricoles alors que des routes départementales proches n’ont pas été équipées, ce qui est contraire à la jurisprudence.
Sébastien ne décolère pas contre le tracé actuel défini par le conseil départemental dans une zone concernée par un plan de prévention des risques d’inondation. « Nous n’avons pas le droit de creuser ni de remblayer dans ces parcelles, ce qui sera nécessaire pour cet aménagement goudronné, souligne-t-il. De plus, le parcours sera potentiellement impraticable une partie de l’année. »
Pour un tracé alternatif
Craignant une emprise de six mètres de large sur 250 mètres de long sur deux prairies, Sébastien pointe la contradiction avec les récentes législations visant à préserver les terres agricoles. Face aux 80 000 à 100 000 usagers annoncés, il craint la cohabitation avec les promeneurs. Soutenue par la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles), cette contestation est aussi portée par l’Association pour la protection de l’environnement de la vallée de Saint-Julien-sur-Calonne.
« Notre proposition d’alternative le long d’une départementale a été adressée à la fin du mois de décembre à la chambre d’agriculture, au conseil départemental, à la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer), ainsi qu’aux ministres de l’Agriculture et de la Transition écologique », relate Séverine Aubry, vice-présidente de l’association et sœur de Sébastien.