"Après une baisse de près de 5% en 2022, la production nette de bovins finis reculerait encore en 2023 à 1,337 million de tonnes équivalent carcasse (tec)." C’est 1,6 % de moins qu’en 2022, selon les estimations diffusées par l’Idele le 20 janvier 2023. Cela représente une baisse de 1,6% par rapport à 2022. "Les tonnages de femelles, [en particulier laitières] baisseraient de 13 000 tec, ceux de mâles non castrés de 3 000 tec, ceux de bœufs de 1 000 tec et ceux de veaux de boucherie de 4 000 tec."

Moins de femelles

Après une chute de 3,7 % en 2022, les abattages de femelles se replieraient de 1,7 % en 2023. Le nombre de réformes laitières accuserait une baisse significative alors que celui d’allaitantes pourrait être quasi stable. Les poids de carcasse poursuivraient leur déclin dans les deux cheptels. Pourquoi ? Parce que la proportion des races lourdes continuerait de décroître et que la finition des vaches restant coûteuse, le différentiel de prix entre les conformations n’est guère incitatif.

"La décapitalisation du cheptel de vaches allaitantes, entamée à l’été 2016, s’est encore accélérée en 2022, observe l’Idele. Le rythme annuel est passé de –2,8% à la fin de 2021 à –3% à la fin de 2022, les entrées de primipares n'ayant pas été suffisantes pour remplacer les vaches réformées. La décapitalisation pourrait se poursuivre en 2023, suivant le rythme élevé enregistré en 2022. Le nombre de génisses de renouvellement étant quasi stable, les sorties de vaches seraient comparables à 2022."

Le cheptel laitier continuerait lui aussi de reculer du fait de la restructuration en cours, mais à un rythme moins soutenu qu’en 2022, de l’ordre de 2 %. "Ce ralentissement de la baisse provoquera une rétention des vaches en élevages, d’autant que les génisses de renouvellement prêtes à entrer en production en 2023 sont peu nombreuses, estime l’Idele. Les réformes de vaches devraient donc reculer significativement, de 4,3% par rapport à 2022."

Moins de mâles

L’institut de l’élevage prévoit également un repli de l’engraissement de jeunes bovins laitiers. "Les effectifs en place pour des sorties en 2023 sont en baisse toujours significative, même si moindre que les années précédentes. Cela dépendra des initiatives menées pour enrayer la baisse, comme la contractualisation de sevrage auprès d’anciens éleveurs de veaux."

La production de jeunes bovins de type à viande serait quasi stable, du fait de "la réorientation des broutards vers les engraisseurs français et le développement de la contractualisation. Le poids moyen des carcasses des jeunes bovins progresserait légèrement, du fait d’une plus grande proportion de jeunes bovins de type à viande, plus lourds que les laitiers et croisés."

Moins de veaux de boucherie

Quant à la production de veaux de boucherie, elle continuerait elle aussi à reculer en 2023 : de 2,5 % par rapport à 2022. "La très forte hausse des coûts alimentaires et énergétiques pèse sur les charges de ces élevages […], argumente l’Idele. Cette situation a amené à réduire drastiquement les mises en place dès le printemps 2022 […]. En 2023, la baisse sera moindre, mais restera significative » pour les mêmes raisons. « La production de veaux sous la mère […] en difficulté poursuivra sa baisse, d’autant que la réforme de la Pac […] lui est défavorable."