Rendre obligatoire la traçabilité individuelle des bovins importés, de la naissance à l’abattage… C’est pour l’interprofession du bétail et des viandes (Interbev), la « seule manière de s’assurer que ces viandes ne sont pas issues de la déforestation », estime-t-elle dans un communiqué publié le mardi 16 novembre 2021.

 

Cette déclaration intervient alors que la Commission européenne doit présenter, ce 17 novembre, un projet visant à renforcer l’action de l’Union européenne contre la déforestation et la dégradation des forêts. Les propositions législatives de Bruxelles visent notamment une liste de six matières premières et produits à haut risque tels que le bois, l’huile de palme, le soja, le bœuf, le cacao et le café.

 

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Un suivi tout au long de la vie de l’animal

« Peut-on, en cohérence, déclarer vouloir “minimiser les risques de déforestation et de dégradation des forêts associés aux produits mis sur le marché de l’Union européenne”, tout en continuant à fermer les yeux sur les dizaines de milliers de tonnes de viandes bovines brésiliennes qui ne respectent pas les normes de traçabilité européenne et entrent pourtant chaque année sur le marché européen ? », s’interroge Interbev.

 

Pour l’interprofession, ce nouveau projet de règlement européen devra impérativement régler le cas des viandes qui, « faute de traçabilité, peuvent provenir d’élevages responsables de la déforestation ». C’est pourquoi Interbev demande la mise en place d’une traçabilité individuelle tout au long de la vie des bovins importés.

Une « avancée en faveur des mesures miroirs »

« Une traçabilité totale pourrait permettre aux importateurs européens d’exiger, auprès de leurs fournisseurs, les informations relatives aux lieux de naissance et d’élevage des animaux dont proviennent les viandes qu’ils souhaitent commercialiser », souligne l’interprofession.

 

Interbev compte notamment sur le soutien de la France, qui occupera à partir de janvier la présidence tournante de l’Union européenne. « Ce nouveau texte européen visant à lutter contre la déforestation importée arrive à point nommé […]. »

 

« Nous y voyons une formidable opportunité, pour la France, d’obtenir une première avancée concrète, majeure, dans son combat de bon sens en faveur des mesures miroirs », indique Dominique Langlois, président d’Interbev.

 

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