« On est tous d’accord sur les clauses miroirs : elles sont nécessaires et urgentes », a insisté Julien Denormandie lors d’un débat le 7 juillet 2021, organisé par la Fondation Nicolas Hulot.

« Sortir de cette hypocrisie »

Ces clauses miroirs, intégrées aux accords commerciaux, imposeraient aux importations les mêmes exigences sanitaires et environnementales qu’aux productions européennes. C’est une des recommandations fortes d’un rapport de la Fondation Nicolas Hulot, d’Interbev et de l’Institut Veblen.

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Le ministre de l’Agriculture en est persuadé : signer des accords commerciaux qui sont contraires aux règles de productions européenne est « aberrent » et il faut urgemment « sortir de cette hypocrisie ».

Engager le chantier sous la présidence française de l’Union européenne

Reste la question du comment. « Il faut que la politique commerciale de l’Union européenne s’aligne avec le pacte vert, comme le fera la Pac », détaille Julien Denormandie. Le respect des standards européens doit devenir un principe de base dans la négociation commerciale.

Il faudra être patient : « Ce sera un combat politique très compliqué et qui prendra du temps ». Mais ce qui est sûr, a-t-il affirmé, c’est qu’il y a une volonté politique d’y arriver.

« Ce sera une des priorités de la présidence française de l’Union européenne, au premier semestre de 2022, poursuit-il. On ne va pas changer toute la politique commerciale en six mois, mais au moins nous travaillerons à poser le sujet pour avoir un point de non-retour. »

Deux « petites victoires »

La France militait pour que l’obligation des clauses miroirs figure dans le texte législatif de la Pac. Sans succès. À la place, il y a eu une déclaration des trois institutions européennes.

« On a mis le pied dans la porte », se réjouit Julien Denormandie. Autre petite victoire, vantée par le ministre : « Nous allons bientôt avoir un acte délégué qui va interdire l’importation de viande avec antibiotiques comme facteurs de croissance. »

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Un « non » ferme aux accords du Mercosur

Sur les clauses miroirs, « nous essayons de changer le logiciel européen sur le commerce », a promis Clément Beaune, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, sans cacher que c’est d’abord un combat politique et interne à l’Europe.

En attendant, la future présidence française de l’Union européenne fera tout pour « éviter les accords commerciaux mauvais, comme celui avec le Mercosur ». Et sur ce dernier, sa position est ferme : « C’est non pour le texte actuellement sur la table. »

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Sophie Bergot