Les exportations de blé français vers les pays tiers resteront modérées pour la campagne en cours malgré une forte progression de la moisson par rapport à 2020-2021. Elles vont se relever après les déboires de la campagne passée grâce aux achats de la Chine et à des flux non négligeables vers l’Afrique subsaharienne, mais elles resteront très basses vers l’Afrique du Nord, l’Algérie en particulier.

Des prix trés élevés

À cause des prix très élevés du blé sur le marché mondial, l’Algérie a pourtant revu à la baisse ses exigences qualitatives pour ses importations de blé. Elle a d’abord réduit ses critères de poids spécifique (PS).

 

Cela a été favorable aux blés français, mais face à l’envolée des prix meuniers, l’Algérie a aussi décidé d’accepter que le taux d’infestation par les punaises des blés importés monte jusqu’à 1 %. Cette mesure vise les blés russes et leur a ouvert un boulevard en Algérie.

 

Juste après l’annonce de ce changement, début du mois de novembre, la Russie a vendu 250 000 tonnes de blé à l’OAIC (Office algérien interprofessionnel des céréales). Cela vient limiter les volumes qui pourraient être achetés à la France.

 

<?EM-dummyText [photo-article-caption]?>

Correction baissière

Par ailleurs, depuis quelques semaines, des productions de blé élevées se confirment en Australie de même qu’en Argentine, et arrivent sur le marché mondial à des prix attractifs.

L’Argentine est très compétitive à destination du Maghreb malgré des coûts importants de transport.

 

De plus, la qualité des blés allemands et polonais, meilleure pour les poids spécifiques que celle des blés français, permet à ces origines nord-européennes de vendre de larges quantités à l’Algérie (même si elles risquent, elles aussi, de pâtir un peu de la concurrence russe et argentine sur les mois à venir). En raison de cette compétition tous azimuts, le blé français ne pouvait plus s’accorder d’être déconnecté des autres origines.

 

<?EM-dummyText [photo-article-caption]?>

Après avoir atteint un pic historique à 306 €/t le 23 novembre 2021, le prix du blé meunier standard rendu Rouen a alors chuté de presque 30 €/t pour atteindre 279 €/t le 9 décembre 2021. Il a chuté de manière plus marquée que ses concurrents. En cause, tout d’abord, le manque d’intérêt des acheteurs nord-africains pour le blé français.

 

À cela s’ajoutent aussi les récentes révisions en hausse par l’Argentine et l’Australie de leurs productions de blé à la suite des très bons retours de moisson, ainsi que l’arrivée des précipitations sur les blés d’hiver aux États-Unis début décembre. Elles ont apaisé les craintes de pertes liées au manque d’humidité pour la prochaine récolte.