« La collecte laitière française a rebondi de plus de 2 % en 2025. Cet afflux a créé un paradoxe du marché : d’un côté, trop de lait et, de l’autre, des débouchés limités, explique Christine Goscianski, agroéconomiste à l’Institut de l’élevage. Le prix du lait favorable, les conditions climatiques propices pour les fourrages et les prix d’aliments attractifs ont soutenu la production. Par ailleurs, certains éleveurs ont gardé leurs vaches plus longtemps ou décalé leur départ à la retraite. À l’inverse du côté des débouchés, la consommation des ménages est restée stable en 2025. Les exportations de produits laitiers ont reculé de 5,5 % entre janvier et novembre.
Résultat, les laiteries ont dû gérer un excédent laitier en s’orientant vers des produits stockables (beurre, poudre, fromages) ou vers le marché spot. Le prix du lait payé aux éleveurs a ainsi amorcé un repli dès le mois d’octobre. En ce début d’année 2026, la collecte devrait rester dynamique, portée par les bons fourrages de 2025 et le prix attractif de l’aliment. Cependant, cet afflux pèse sur les prix au niveau mondial. Des incertitudes subsistent sur le climat, la situation sanitaire et les droits de douane supplémentaires imposés par la Chine sur la crème. Le défi de ce début d’année sera de piloter la production dans un marché qui ne peut pas tout absorber, sous une triple pression : économique, sanitaire et géopolitique ».