Des vallées du Rhône au bocage normand, d’une production laitière en agriculture biologique à un élevage en conventionnel, du travail seul à l’association avec son fils de 24 ans, de locataire à propriétaire des bâtiments, Christophe Dutilloy a pratiquement tout changé.

Originaire de Seine-Maritime et souhaitant partir vers une zone de montagne, il s’était installé en 2000 à Ouroux, dans le Rhône. Dix-sept ans plus tard, la distance avec la famille est devenue trop difficile à supporter. « Mon fils, Charles, voulait aussi reprendre une ferme, mais s’il le faisait dans le Rhône, nous savions que nous n’irions plus en Normandie », explique l’éleveur de 47 ans.

Père et fils ont alors en tête de trouver une ferme laitière, plus grande, dans l’ancienne région de Basse-Normandie. C’est en lisant La France agricole qu’ils découvrent Quatuor transactions, une agence immobilière spécialisée dans la vente d’exploitations. En consultant le site internet de cette dernière, ils en repèrent­ quatre. Ils n’en visiteront qu’une seule. « Nous connaissions ses points faibles. Des aménagements dans la maison étaient à faire et la salle de traite datait des années soixante-dix. À part ça, les bâtiments étaient bien agencés, les matériels en bon état, le troupeau de qualité et la cour propre », confie-t-il. « L’acquéreur potentiel peut avoir une crainte s’il visite une ferme mal entretenue, avertit Bernard Charlotin, président de l’agence immobilière. Il peut se demander ce qu’il trouvera une fois qu’il aura tout nettoyé. »

Aucun matériel n’a suivi les cartons

Christophe et Charles ont créé un groupement d’exploitation en commun (Gaec), destiné à accueillir la ferme et à acheté celle située au Détroit, dans le Calvados, ainsi qu’une partie du foncier. Le reste du parcellaire a été loué à long terme à Charles, puis mis à disposition du groupement. Après six semaines de travaux dans la maison, la famille a emménagé le 12 octobre 2018. Une nouvelle salle de traite a été installée. Aucun matériel que Christophe possédait dans le Rhône n’a été gardé. « Tout a été vendu sans difficulté et payé par virement », se félicite Charles. Une solution pour partir léger et (re)commencer plus facilement.

Alexis Marcotte

Expert
« Défendre la vente envers et contre tous » Bernard Charlotin, président de Quatuor transactions, agence immobilière spécialisée dans la vente d’exploitations agricoles

« Lorsque le vendeur nous contacte, nous réalisons un audit complet de l’exploitation. On recueille les documents comptables, les actes notariés du foncier et du bâti, les dossiers liés à la Pac, le relevé parcellaire, les baux, le diagnostic de la maison lorsqu’il y en a une… Une fois le mandat pris avec le vendeur, nous effectuons plusieurs publications pour diffuser l’annonce. Environ 1 500 acquéreurs nous contactent par an pour 50 à 60 transactions réalisées. Notre rôle est de défendre la vente envers et contre tous. Nous rédigeons les actes de cession des biens mobiliers (matériels, cheptels et stocks), la demande d’autorisation d’exploiter, ainsi que les courriers destinés à prévenir les propriétaires. Le relationnel fait partie intégrante de notre métier. Nous devons parfois gérer les tensions qui apparaissent entre le vendeur et l’acheteur. Un grain de sable peut arriver à n’importe quel moment. »