Sur sa plateforme génomique, Gènes Diffusion compte deux nouveaux index, dis­ponibles pour tous les taureaux d’IA et les femelles génotypées GD SCAN.

Le premier, sorti en septembre 2020 et nommé Repro g, traduit la faculté des femelles à se reproduire aisément pour maintenir des intervalles vêlage-vêlage optimisés. Cet index de synthèse se compose de 40 % d’expression des chaleurs­, 10 % de réussite en IA première (RIAP) des génisses et 50 % de RIAP des vaches. « Dans le cadre du programme de recherche Valoris 38, près de 4 500 femelles issues de cinquante élevages ont été suivies pendant cinq ans sur l’expression des chaleurs », explique Sébastien Landemaine, responsable génétique races allaitantes.

Apprécier le potentiel de son troupeau

Le second, DGest g, porte sur la durée de gestation. « Sur le terrain, nous observions de façon un peu empirique que des taureaux engendraient des gestations plus ou moins courtes, avec un effet direct du veau et un effet maternel », reprend l’expert. À partir des données du programme Valoris 38 et celles des élevages rattachés à l’OS, plus de 150 000 observations ont été prises en compte pour bâtir le modèle de prédiction génomique. Comme tous les autres index GD SCAN, DGest g est exprimé sur une échelle de 0 à 10. Un index égal à 5 correspond à une durée de gestation moyenne de 287,5 jours avec, pour chaque point, un intervalle de 1,2 jour environ. « Complémentaire à l’index IFNAIS, cet indicateur, tout juste publié, permet d’affiner les choix d’accouplement et d’éviter de cumuler des caractères trop négatifs sur la durée de gestation et le poids du veau à la naissance, note-t-il. En termes de stratégie, on peut aussi imaginer utiliser des taureaux à gestation courte sur les dernières femelles mises à la reproduction dans le cas de vêlages groupés. »

De son côté, Charolais Univers travaille, dans le cadre de son programme Ferti 38, à la mise en place d’une indexation génomique sur la précocité sexuelle des génisses et la reproduction des femelles. « Près de 2 000 femelles issues du noyau de sélection ont été équipées de colliers de monitoring pour répertorier les événements de chaleur et les mettre en relation avec les données existantes sur les inséminations et les constats de gestation, rapporte Manon Gicquel, chef de projet R & D viande. 4 000 génotypages sont prévus d’ici à 2023 en vue de produire de nouveaux index. Ils permettront aux éleveurs d’analyser le potentiel de leur cheptel et d’optimiser le renouvellement. »

Améliorer la fertilité

En race limousine, France Limousin Sélection axe ses recherches sur la fertilité femelle et plus particulièrement l’intervalle vêlage première chaleur (IVPC). « À travers le programme COWnect, 3 557 phénotypes ont été évalués à ce jour grâce à l’utilisation de capteurs dans trente-quatre élevages, annonce Julien Mante, responsable R & D. Sur les trois premières campagnes de collecte de données, un retour en chaleur moyen après vêlage de 59 jours a été relevé. Derrière cette moyenne se cache une forte variabilité puisque près de 15 % des femelles ont un IVPC supérieur à 90 jours, d’où la nécessité de travailler sur ce caractère. » Les résultats finaux sont attendus prochainement.