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Dossier Des filières animales en concurrence

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Le développement des cahiers des charges en alimentation sans-OGM et de l’agriculture biologique accroît la demande des secteurs de l’élevage en matières premières françaises.

«Malgré le recul continu des importations françaises de soja, le taux de dépendance protéique des fabricants d’aliment du bétail se maintient à 42 % depuis une douzaine d’années (voir l’infographie) », rapporte Patricia Le Cadre, directrice du Céréopa. Et pour cause : un jeu de chaises musicales s’opère entre les filières animales. « Ces dernières années, lorsqu’on a amélioré l’indépendance des filières de volailles, on a diminué celle des ruminants, et sensiblement celle des porcs », précise la spécialiste.

Les démarches exigeant une alimentation alternative non-OGM ou bio sont en plein développement. En 2017, sur l’ensemble des filières animales, la part de l’alimentation alternative hors fourrages s’élevait à 15 % (aliment du commerce et fabriqué à la ferme confondus), dont 13 % en sans-OGM et 2 % en bio. Sur la même année, la volaille de chair détenait la plus importante part de produits animaux commercialisés sous cahier des charges avec alimentation alternative, avec un total de 22 % (21 % en non-OGM, 1 % en bio). Elle était suivie des poules pondeuses (13 % et 8 %), des porcs (17 % et 0,5 %), des bovins laitiers (9 % et 3 %) et des bovins viande (9 % et 3 %). Un contexte qui accroît l’intérêt des secteurs de l’élevage pour les matières premières françaises.

Besoins incertains en non-OGM

Les plans de filière issus des États généraux de l’alimentation (EGA) ont défini, en 2017, une feuille de route à cinq ans pour la plupart des filières animales quant au développement de l’agriculture biologique. « La majeure partie des objectifs s’inscrivent dans le prolongement de la dynamique observée sur les cinq dernières années, hormis en porcs », décrit Patricia Le Cadre.

Concernant le segment non-OGM, il n’existe pas d’objectifs chiffrés. « Dans le cadre de la concertation nationale pour l’élaboration d’une stratégie sur les protéines végétales (lire l’encadré p. 40), chaque filière s’est projetée à dix ans, avec des vitesses d’évolution sur les segments alternatifs plus contrastées que pour les plans de filière, et différentes selon les productions animales. »

Bien que les bovins laitiers et allaitants aient l’avantage de disposer d’une ressource protéique supplémentaire par les fourrages, ils pourraient avoir la primeur sur l’accès aux matières premières françaises riches en protéines. « La filière laitière était, en volume, la première consommatrice de tourteau de soja non-OGM en 2017, à hauteur de 39 %, poursuit Patricia Le Cadre. Des démarches de segmentation continuent de se développer dans les laiteries. S’agissant du secteur de la viande bovine, ses besoins en aliments non-OGM pourraient s’accélérer à la faveur des démarches de labellisation et de montée en gamme. »

Des importations inéluctables

« Si le développement des filières d’élevage bio continue au rythme actuel, il passera obligatoirement par des importations de soja », tranche Patricia Le Cadre. Les besoins dépendront des secteurs les plus dynamiques. « Par exemple, les faibles disponibilités de tourteau de tournesol bio entraînent un recours de la filière pondeuse en soja. » En alimentation conventionnelle, « tout dépendra de la demande en non-OGM français ». Les ruminants, dont l’alimentation répondrait à un tel cahier des charges, capteraient en priorité le tourteau de colza hexagonal. « Nous pourrions alors imaginer des importations de tourteaux de canola canadien (OGM mais qui n’engendrent pas de déforestation) pour répondre à la demande des filières conventionnelles sans cahier des charges spécifique. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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