C’était chose peu commune ! Cette année, l’Agence bio accueillait le public du Salon international de l’agriculture à l’extérieur. Heureusement sous une météo plutôt clémente. « C’est pour des raisons budgétaires », explique Bruno Martel, son nouveau président élu pour deux ans au titre de la Coopération agricole et éleveur laitier en Bretagne. D’autres y voient une invisibilisation de la bio (lire encadré).
Armée de son bus itinérant estampillé « C’est bio la France », l’Agence bio proposait aux visiteurs la découverte de l’agriculture biologique au travers d’ateliers culinaires. Une configuration représentant deux fois moins de budget et quasi deux fois plus de visibilité, se félicite Bruno Martel.
Car il faut dire que le budget de l’Agence bio a été malmené dernièrement. En mai dernier, l’agence sous la tutelle du ministère de l’agriculture et de celui de la transition écologique apprend que son budget 2025 sera finalement amputé de 10 millions d’euros issus de la planification écologique.
Budget reconduit
Pour l’année 2026, son budget de 17 millions d’euros est reconduit. Le fonds avenir bio se voit doté de 8,8 millions d’euros et la communication d’une enveloppe de 1,7 million d’euros. « Ces montants permettent d’assurer nos trois missions, garantit Bruno Martel. On a câblé nos missions par rapport à notre budget ».
« Je ne suis pas un organisme de propagande, a-t-il d’ailleurs rappelé devant la presse, le 26 février au Salon international de l’Agriculture. Un tacle envoyé aux sénateurs qui avaient voté la suppression de l’Agence bio en janvier 2025 lors des discussions sur la loi de finances. [L’agence bio est] là pour animer un groupement d’intérêt public et pour promouvoir l’agriculture biologique. On capte la donnée, on l’analyse, on la communique. Et on a un fond qui sert à accompagner les investisseurs, le fonds avenir bio ».
Soutien de la ministre
Arrivée à la fin de son mandat de cinq ans à la fin d’année dernière, l’ancienne directrice Laure Verdeau va laisser sa place à une nouvelle direction. « Le processus de recrutement est en cours », indique-t-on à l’Agence bio. Quant à une éventuelle fusion avec FranceAgriMer ou l’Inao, comme l’aurait suggéré Matignon au ministère de l’Agriculture, Bruno Martel se veut plutôt rassurant.
« Il y a une volonté de simplifier les organismes d’État, on en a pris note. Dans notre cas précis, on a des arguments indiscutables, assure-t-il. Si on diffuse les travaux de l’Agence bio (à travers d’autres organismes publics, NDLR), on va perdre en efficacité. Cela va coûter deux à trois fois plus cher ».
Ce dernier assure par ailleurs avoir reçu le soutien de la ministre de l’Agriculture. Celle-ci a d’ailleurs réaffirmé que l’agriculture devait être « soutenue et valorisée » dans une publication sur X (ex-Twitter).