« Nous avons appris que la suppression de l’Agence bio est de nouveau envisagée dans les travaux gouvernementaux sur la simplification de l’action publique », a alerté La Maison de la bio sur les réseaux, le 9 janvier 2026. Ce projet de suppression figurerait dans la feuille de route sur la simplification de l’action publique, envoyée par les services de Matignon et adressée à la ministre de l’Agriculture.

Un mauvais signal pour la bio

La Maison de la bio, qui regroupe 10 organisations professionnelles de la bio française (1) et six Interbio (2) ont fait part de leurs préoccupations à la ministre de l’Agriculture. Dans un courrier du lundi 19 janvier 2026 adressé à Annie Genevard, ils évoquent la possible intégration de l’Agence bio au sein de FranceAgriMer, ainsi qu’un transfert partiel de ses missions vers l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao).

« Ces hypothèses, si elles devaient se concrétiser, enverraient un signal extrêmement préoccupant à l’ensemble des acteurs de la filière biologique », écrivent-ils. La Maison de la bio et les Interbio rappellent que l’Agence bio n’est pas un « simple outil de communication », ni « une structure redondante », mais « un opérateur public central de structuration et de pilotage de l’agriculture biologique ».

Par ailleurs, la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) rappelle que la Cour des comptes préconisait en 2022 de renforcer les moyens alloués à l’Agence bio, non pas de la supprimer. Elle rappelle également que l’État a renouvelé en 2024, pour cinq ans, le contrat d’objectif et de performance de l’Agence bio.

« Aucune évaluation sérieuse ne vient aujourd’hui justifier un démantèlement qui relèverait d’économies de court terme, souligne la Fnab, dans un communiqué diffusé le 19 janvier 2026. La remise en cause de l’Agence bio envoie un signal de désengagement de l’État. »

Des coupes budgétaires en 2025

L’an dernier déjà, l’avenir de l’Agence bio était sur la sellette. Dans le cadre des discussions pour le budget 2025, le sénateur Laurent Duplomb (LR) avait appelé à sa suppression et à la fusion de ses missions à celles de FranceAgriMer ou de l’Inao. Une proposition qui n’a pas été retenue dans la loi de finances de 2025.

Finalement, le budget de l’Agence bio s’était vu amputé de près de 15 millions d’euros via la réduction du Fonds avenir bio et la suppression des fonds destinés à la communication. Des coupes budgétaires qui avaient impacté le financement de plusieurs projets de développement de la bio dans les territoires.

(1) Cosmebio, Forebio, Natexbio, Synabio, Synadiet, Biopartenaire, Bio équitable France, Bio valeurs, Cebio.

(2) Association interprofessionnelle régionale