Les États membres s’étaient mis d’accord en octobre sur une réforme de la Pac, qui s’appliquera à partir de janvier 2023 verdissant un peu plus l’agriculture européenne, tandis que le Parlement européen adoptait sa propre feuille de route. Depuis, eurodéputés, États membres et Commission européenne négocient d’arrache-pied un accord sur la base de leurs propositions respectives.

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« Afficher un esprit de compromis »

Les ministres de l’Agriculture se sont réunis ce lundi 26 avril 2021 en visioconférence pour accélérer les pourparlers. « À ce stade, il est indispensable d’afficher un esprit de compromis de façon à trouver un accord politique au cours du prochain mois », a déclaré la ministre portugaise de l’Agriculture Maria do Céu Antunes, lors d’une conférence de presse.

La ministre portugaise, dont le pays occupe la présidence tournante de l’Union européenne jusqu’en juin, a proposé à ses homologues une proposition de compromis sur la question épineuse des « écorégimes », les paiements qui récompenseront des pratiques agroécologiques.

Écorégimes : 22 % du budget en 2023 et 25 % en 2025

D’un côté, les eurodéputés réclament que les États membres y consacrent au moins 30 % des paiements directs de l’Union européenne aux agriculteurs. De l’autre, les Vingt-Sept préconisent de ne fixer qu’un seuil minimal de 20 %, tout en laissant latitude aux gouvernements nationaux pour en définir le contenu.

« Nous avons tenté un juste équilibre en proposant une approche progressive, partant de 22 % en 2023 pour s’élever à 25 % en 2025. […] Cette proposition a été dans l’ensemble très bien reçue par les États », a souligné Maria do Céu Antunes.

En revanche, pas question pour elle de monter au niveau minimal de 30 % : « Si l’on en croit l’expérience (des États), un tel niveau signifierait qu’en pratique, les fonds ne seraient pas entièrement utilisés », ajoute-t-elle.

Besoin d’une « plus grande flexibilité »

Autre point sensible : si une partie grandissante des versements de la Pac sont conditionnés au respect de normes environnementales (surface minimale en jachère, rotation des cultures…), quelles seront les dérogations possibles pour les agriculteurs ?

« Il nous faut introduire une plus grande flexibilité. […] Nous pouvons tenir compte des besoins spécifiques des États sans amoindrir l’impact environnemental », observe la ministre, évoquant notamment les Régions « désavantagées ». La proposition portugaise sera discutée avec les négociateurs du Parlement européen vendredi.

« La Commission soutenait la proposition du Parlement pour 30 % minimum d’écorégimes. Mais nous serons satisfaits si l’on peut aller aussi haut que possible : les négociations sont affaire de compromis », a commenté lundi le commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski.

AFP