Les débats autour de la fin de la castration à vif des porcelets s’animent à mesure que l’échéance approche. Lors de son assemblée générale ce vendredi 11 juin 2021 à Pau (Pyrénées-Atlantiques), la Fédération nationale porcine (FNP) a pris position par la voix de François Valy, son président.

S’il estime que « pour répondre aux diverses demandes des marchés, toutes les options doivent rester ouvertes », le président de la FNP demande que la grille de prix de mâles entiers ou des femelles devienne la référence au Marché du porc breton de Plérin, considérant l’approvisionnement en mâles castrés comme « dérogatoire ».

> À lire aussi : « La castration des porcs sous anesthésie ne doit pas être généralisée » (02/06/2021)

« Intégrer le surcoût de la castration »

Pour François Valy, ces porcs doivent être soumis à un cahier des charges et à un contrat « prenant en compte l’indicateur interprofessionnel coût de revient du porc départ élevage. Il doit être mis à jour périodiquement pour intégrer le surcoût de la castration, l’indice de consommation supérieur et le taux de muscles par pièce (TMP) inférieur. »

Au-delà des moindres performances techniques, « la castration est un acte contraignant, appuie Carole Joliff, secrétaire générale de la FNP. Aucun éleveur ne le fait par plaisir. Et sur le terrain, on voit un net avantage aux éleveurs produisant des mâles entiers pour le recrutement de salariés ». Pour l’éleveuse, le seul inconvénient à l’élevage des mâles entiers réside dans le possible surcroît d’agressivité des porcs. « Mais cela relève beaucoup de la technique d’élevage, et on sait s’adapter », appuie-t-elle.

> À lire aussi : Bien-être animal, la castration des porcelets recule en Europe (03/06/2021)

« Une qualité de viande différente »

De son côté, l’aval de la filière assume sa préférence pour les carcasses de porcs mâles castrés. Pour Patrick Le Foll, directeur général du groupe d’abattage béarnais Fipso, « le souci le plus important du mâle entier n’est pas au niveau du risque d’odeurs des carcasses. Le fond du problème, c’est la qualité de la viande, et sa faible teneur en gras. Cela pose d’importants problèmes dans la fabrication de salaisons sèches ».

Pierre Moureu, président de l’interprofession porcine de la Nouvelle-Aquitaine, évoque un gras « plus mou, qui rancit, qui coule, induisant de grandes difficultés à affiner un jambon tel qu’on peut le faire avec des porcs castrés ». Pour le responsable, « passer de 25 % de mâles entiers en France aujourd’hui à 70 à 80 % demain est une marche un peu haute. Autour de 40 % serait un bon équilibre. »

Vincent Guyot