« Les acteurs de la filière sont frustrés : la consommation de viande de volaille est dynamique, mais elle ne profite pas à la production française », lance sans détour Éric Cachan, secrétaire général de l’interprofession de la volaille de chair (Anvol). Et pour cause : alors que l’Institut technique de l’aviculture (Itavi) anticipe une consommation totale de viande de volaille en hausse de 3,8 % en 2019, par rapport à 2018, près de 45 % des poulets consommés en France sont importés (70 % des volailles vendues sont des poulets).

Développer aussi le standard

Ces volumes servent essentiellement à fournir le secteur de la restauration hors domicile (RHD), en « très nette progression », tandis que les achats en grandes surfaces restent stables. « Si la filière veut répondre à toutes les attentes du marché, elle doit non seulement développer ses volailles sous démarche de qualité, mais également ses volailles standards », souligne Anne Richard, directrice d’Anvol.

La filière se dit également prête à s’engager dans l’European Chicken Commitment, qui exige notamment l’emploi de souches à croissance intermédiare, une densité maximale de 30 kg de poids vif au m², ainsi qu’un étourdissement par atmosphère contrôlée à l’abattoir. « Il est néanmoins indispensable que le prix soit cohérent avec les surcoûts induits, qui s’élèvent à 27 % pour le poulet sortie élevage et à 40 % sortie abattoir », complète la directrice d’Anvol.

Lumière naturelle pour 50 % des volailles

Pour répondre aux attentes des consommateurs sur le bien-être animal, la filière s’engage à élever 50 % des volailles avec un accès à la lumière naturelle d’ici à 2025, « dont 20 % dans des systèmes parcours et 30 % dans un poulailler offrant de la lumière naturelle et des perchoirs », précise Anne Richard.

Les investissements à réaliser en élevage restent néanmoins importants. « Dans le cadre du plan de filière issu des Etats-généraux de l’alimentation, 200 millions d’euros ont été investis en deux ans sur les 2,3 milliards prévus sur cinq ans. »

Pour accompagner ce nouveau plan à l’horizon de 2025, l’interprofession alerte le gouvernement sur la nécessité d’augmenter l’aide pour la construction ou la rénovation de bâtiments d’élevage, généraliser au niveau français et européen l’étiquetage de l’origine des volailles en RHD, et de refuser « tout accord commercial européen, notamment avec les États-Unis ».

V. Gu.