« Compte tenu de l’évolution de l’évolution de la sensibilisation des consommateurs à l’environnement, des considérations et des tendances en matière de commodité, la consommation de viande par habitant dans l’Union européenne (UE) devrait diminuer légèrement pour atteindre 67 kg en 2031, [contre 69,8 kg en 2018] », rapporte la Commission européenne dans son rapport de perspectives agricoles publié le 9 décembre 2021.

Les préférences alimentaires des Européens évoluent

Ces considérations entraînent des changements dans les préférences des consommateurs. Elles pèsent négativement sur la consommation de viande bovine, attendue en baisse de 0,9 kg par habitant et par an, et sur celle de viande porcine (−0,5 %).

La volaille s’en sort mieux par rapport aux autres viandes, « découlant d’une image plus saine, de la plus grande commodité de sa préparation et de l’absence de contraintes religieuses concernant sa consommation », expliquent les analystes. Si la hausse est moins marquée que sur la dernière décennie, la consommation de volaille grappillera tout de même +0,5 % par an, entre 2021 et 2031.

Consommation par habitant au sein de l’Union européenne selon les types de viandes (en kg). © Commission européenne

Les cheptels bovins et porcins à la baisse

Avec la décapitalisation en toile de fond, la production brute de viande bovine de l’UE devrait diminuer de 0,6 million de tonnes (−8 %) entre 2021 et 2031. Le cheptel total de vaches devrait, quant à lui, perdre 2,1 millions de têtes (−7 %) d’ici à 2031.

« Les possibilités d’exportation de viande pourraient s’améliorer à moyen terme, mais elles seront compensées par une baisse des exportations d’animaux vivants (−33 % par rapport à 2021) en raison du repli de la demande en Turquie et des préoccupations relatives au bien-être des animaux lors des transports sur de longues distances », expose la Commission.

En porc, si des incertitudes demeurent vis-à-vis de la peste porcine africaine, « la Chine devrait avoir entièrement récupéré sa capacité de production d’ici à 2026 », prévoient les experts. Cela devrait avoir un impact considérable sur les exportations de viande porcine de l’UE (−1,9 % par an), principalement tournées vers l’empire du Milieu. Pour autant, « l’UE devrait rester le premier exportateur mondial de viande de porc ». S’agissant de la production de viande porcine, elle devrait se replier de 0,8 % par an dans les dix années à venir.

La production de volaille augmente mais à vitesse réduite

En volaille, la production de l’UE devrait continuer à augmenter de 0,4 % par an entre 2021 et 2031, mais à un rythme moins soutenu. Après une expansion dynamique au cours de la dernière décennie, la progression des exportations de volailles en partance de l’UE devrait être limitée « face à une concurrence féroce, notamment de la part du Brésil ».

« Les importations de volaille dans l’UE, qui fournissent principalement la restauration, devraient se redresser et atteindre presque les niveaux d’avant crise du Covid-19 en 2026 », projettent les analystes.

La demande pour la viande de petits ruminants repart

Alors qu’elle déclinait ces dernières années, « la production de viande ovine de l’UE devrait augmenter légèrement de 0,3 % par an entre 2021 et 2031, poussée par la mise en œuvre d’un soutien couplé volontaire, une offre mondiale restreinte et une amélioration des prix payés aux producteurs », planche la Commission européenne.

La consommation intérieure de viande ovine devrait elle aussi reprendre quelques points, pour se fixer à 1,4 kg par habitant d’ici à 2031 « grâce à la diversification du régime alimentaire et des habitudes de consommation de la population européenne ».

Du côté du commerce extérieur, les exportations d’ovins vivants devraient fléchir également, en lien avec les préoccupations de bien-être animal et les risques financiers de certaines destinations commerciales. En viande, « même si l’UE reste une destination majeure des exportations, l’Australie et la Nouvelle-Zélande se concentreront davantage sur les marchés asiatiques plus proches », indique la Commission.

> À lire aussi : Union européenne, les productions de bœuf et de porcs baisseraient en 2030

(13/01/2021)

Lucie Pouchard
Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

La demande de fin de mois se replie

Bien que le week-end prolongé de l’Ascension soit une période favorable à la consommation, le commerce pâtit d’un repli de la demande sur cette fin de mois. Les ménages, qui voient leur pouvoir d’achat impacté par l’inflation, se reportent davantage sur des produits bon marché comme le steak haché. Cela conduit à un rétrécissement annoncé des fourchettes de prix entre les réformes laitières et les races à viande d’entrée de gamme.