Près de 90 % des Français (1) déclarent aimer la viande, mais un quart se dit flexitarien et réduit sa consommation, avec la volonté du « moins mais mieux », selon une enquête réalisée par l’Institut français de l’opinion publique, Ifop (2).

FranceAgriMer, commanditaire de l’étude, a présenté les résultats le jeudi 20 mai 2021 lors d’un webinaire organisé dans le cadre de la semaine de l’agriculture française.

Les omnivores sont majoritaires, mais…

24 %La proportion de Français qui déclarent limiter volontairement sa consommation de viande

Les Français interrogés ayant adopté un régime sans viande, comprenant les pescetariens (poisson uniquement), les végétariens et les végétaliens, ne représentent que 2,2 % de la population. 74 % se déclarent omnivores, et 24 % limitent volontairement leur consommation de viande en se classant comme flexitariens.

79 % des répondants estiment que la consommation de viande est nécessaire pour être en bonne santé, et 90 % qu’elle est compatible avec le respect du bien-être animal. « Mais le rapport des Français à leur alimentation est en train de changer : 82 % disent essayer de consommer moins mais mieux. 68 % pensent que les Français consomment trop de viande, et 56 % que la production de viande a un impact négatif sur l’environnement », illustre Grazyna Marcinkowska, chargée d’études en consommation à FranceAgriMer.

Qui sont les flexitariens ?

Le comportement des flexitariens est assez hétérogène : certains consomment de la viande quotidiennement, d’autres de façon plus occasionnelle. La viande de bœuf est la cible privilégiée chez cette catégorie de consommateurs : 71 % des répondants déclarent baisser leur consommation. Arrivent ensuite la charcuterie (60 %) et la viande de porc (56 %).

Les adeptes du régime, tout comme ceux des régimes sans viande, ont globalement un profil féminin, urbain, et appartiennent aux catégories socioprofessionnelles supérieures, présente Grazyna Marcinkowska. La composition du foyer joue également un rôle majeur. Les consommateurs qui limitent ou excluent la viande de leur régime sont plus nombreux dans les foyers sans enfants de moins de 15 ans, et chez les célibataires.

La santé, première motivation chez les flexitariens

Les motivations pour limiter la consommation de viande varient d’un régime à un autre : les sans viande interrogés, plus militants, citent avant tout le bien-être animal (deux tiers d’entre eux). Ce point est également évoqué par 56 % des flexitariens sondés, mais leur motivation principale reste la santé (62 %). Près de 40 % d’entre eux évoquent également le « coût élevé de la viande ». Les préoccupations environnementales sont, quant à elles, partagées par ces deux grandes catégories.

Les personnes ayant adopté un régime restrictif expriment certaines difficultés. Chez les flexitariens, le sentiment de privation et le manque d’idée de recettes sont partagés par le plus grand nombre. Chez les sans-viande, les difficultés d’accès à l’offre et les blocages sociaux (regard de l’entourage) sont davantage pointés du doigt.

La majorité des Français interrogés n’envisage pas de changer de régime (85 %). Les 15 % restants concernent plutôt les personnes excluant ou limitant déjà leur consommation de viande, et les plus jeunes, conclut Grazyna Marcinkowska.

Raphaëlle Borget

(1) 90 % des Français interrogés dans le cadre de l’étude menée par l’Ifop à la demande de FranceAgriMer.

(2) Échantillon représentatif de la population française. 15 000 personnes âgées de 15 à 70 ans interrogées via un questionnaire en ligne durant 5 semaines.