« Beaucoup ont demandé aux transformateurs de se responsabiliser face au déséquilibre entre l’offre et la demande que traverse la filière laitière biologique, explique Sébastien Courtois, administrateur et référent bio chez Sodiaal. Nous avançons sur cette problématique. Pour limiter la casse sur le pic de collecte qui arrive, une incitation financière à la réduction de production va être mise en place. »

Une prime de 113 €/1 000 litres évités

Depuis août 2021, la première coopérative laitière française a mis en place un déclassement fixe de 10 % des volumes par élevage, courant sur douze mois. « Le différentiel de prix entre le bio et le lait déclassé est de 113 €/1 000 litres », précise l’administrateur. À compter de février, et jusqu’à juillet, ce taux pourra être ajusté par un jeu de prime, en fonction de la contribution de chacun à la réduction de collecte souhaitée.

« Les producteurs baissant leurs livraisons de 3 à 10 % sur un an recevront une prime de 113 €/1 000 litres sur le volume évité. » Ainsi, les producteurs baissant leur production livrée de 5 % n’auront que l’équivalent de 5 % de leur production déclassée. Les producteurs diminuant de 10 % « seront payés au prix du bio, comme si aucun déclassement n’avait été appliqué », illustre Sébastien Courtois.

« La qualité et la quantité de l’herbe disponible en printemps joueront beaucoup sur l’évolution de la collecte. Les leviers de réduction sont moins nombreux dans les élevages bio. Mais il sera toujours possible de miser sur les tarissements et les réformes précoces », suggère Sébastien Courtois.

Retour à la normale espéré cet été

En plus de ces mesures, Sodiaal a mis en pause les nouvelles conversions depuis 2021, « en dehors des projets d’installation de jeunes agriculteurs », précise le référent bio. La coopérative freine l’arrivée de nouveaux éleveurs depuis 2019. L’afflux de volumes supplémentaires en 2022 et 2023 est donc limité.

Mises bout à bout, ces mesures visent à « remettre l’emploi et la ressource de lait à niveau ». Sébastien Courtois espère un retour à la normale cet été, « mais il faut rester humble au niveau des prévisions ». Et tant que l’équilibre ne sera pas revenu, garant d’une bonne valorisation du lait produit, « nous n’accueillerons pas de nouveaux producteurs ».

Alexandra Courty