Quatre élus du syndicalisme majoritaire de l’Occitanie demandent le retrait d’un projet appelé Life Ours-Pyr, lors d’une visioconférence de presse qui s’est déroulé le 12 mai 2021. Ce projet, d’un budget de 8 millions d’euros, prévoit notamment un fort développement des ours reproducteurs dans le massif pyrénéen.

« Dès que nous avons appris l’existence de ce dossier, nous sommes allés le déterrer au forceps », souligne Philippe Lacube, président de l’association des chambres d’agriculture des Pyrénées (Acap). Sur le plan du calendrier, ce dossier serait entre deux appels à projets et sa mise à exécution serait prévue pour le mois de septembre 2021.

« L’objectif est de faire accepter un développement de la population d’ours, et de nous faire acter la cohabitation », déclare Sébastien Uthurriague, éleveur de haute montagne dans les Pyrénées-Atlantiques, vice-président de la FDSEA.

Triplement de la population d’ours

Le projet prévoit le triplement du nombre de reproducteurs et la gestion du problème de la consanguinité. « Ce qui revient à nous faire accepter les réintroductions, ajoute-t-il. Sachant que les dernières réintroductions ont ouvert une cicatrice énorme qui est loin d’être refermée. »

Les élus voient dans ce projet la continuité du plan ours contre lequel ils se battent depuis toujours et surtout ils s’estiment méprisés. « On veut faire accepter par tous les moyens aux populations locales, la pertinence des mesures environnementales et le développement des populations d’ours dans les Pyrénées, explique Philippe Lacube. C’est irrespectueux. Nous voilà revenus au temps de la colonisation, il y a cent ans. Il y a des gens qui savent, ce qui est bon pour nous. Et ces gens-là, nous expliquent comment nous devons vivre. C’est très dur à entendre. »

Francis Ader, membre des élus de la chambre d’agriculture de la Haute-Garonne, dénonce quant à lui la méthode avec laquelle s’est montée le projet. « Il s’agit d’un consortium de partenaires qui n’ont ni les compétences, ni l’ancrage territorial, ni la légitimité démocratique pour décider du devenir de nos montagnes et encore moins du pastoralisme », s’insurge-t-il.

Absence de concertation

Selon le groupe, ce dossier a été élaboré par la Dreal d’Occitanie. « Ce sont les administrations qui font les lois en catimini sur ces dossiers sans concertation, ajoute Philippe Lacube, soulignant qu’il avait eu des engagements de l’État, et des élus. Quand l’Administration prend le pied sur le politique, il faut se poser la question de la représentation démocratique. »

Le budget de 8 millions d’euros prévu pour ce programme fait sortir de ses gonds les représentants professionnels. « Il s’ajoute aux 34 millions du plan ours, précise Clémence Biat, présidente des JA de l’Ariège. Pour l’ours, on trouve de l’argent alors que pour le soutien de l’agriculture et le développement ruraux, c’est beaucoup plus compliqué. »

Marie-France Malterre