« Que ce soient les céréales, le soja, les engrais, les services, le fuel, le gaz, l’électricité, les emballages, les transports… Tout flambe dans des proportions jamais vues. Pour Sodiaal, c’est un véritable mur d’inflation qui est devant nous », alerte Damien Lacombre, président de la coopérative, dans un courrier adressé à ses adhérents le 6 janvier 2022.

Le message de Sodiaal est sans détour. « La rentabilité de la coopérative ne nous permet pas d’absorber de tels montants et notre équation est donc simple : si on ne répercute pas ces inflations sur les tarifs de l’ensemble de nos produits alors nous aurons rapidement une situation délicate à gérer. »

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L’importance « capitale » de la grande distribution

Défendant que toutes ses équipes sont « sur le pont », la première coopérative laitière française explique que ses commerciaux pour les secteurs de la restauration hors domicile, industriel et de l’exportation — qui représentent 40 % de l’usage de son lait — adaptent leurs tarifs en permanence. « C’est la même chose pour nos commodités beurre/poudre, qui représentent 20 % de l’usage de notre lait » appuie Sodiaal.

De son côté, le secteur de la distribution absorbe également 40 % des volumes de lait produits par la coopérative. Son importance est « absolument capitale, estime Damien Lacombe. […] Nous devons impérativement répercuter l’ensemble de nos inflations dans nos tarifs pour nos propres marques (Candia, Entremont, Yoplait) mais également pour les marques distributeurs le plus vite possible ».

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« Rude bataille »

Mais faut-il transformer l’essai dans les négociations en cours. « Certaines de ces enseignes sont ouvertes pour discuter, d’autres moins », rapporte la coopérative laitière. […] Cela va être une rude bataille pour faire valoir nos intérêts dans la problématique globale du pouvoir d’achat des consommateurs. »

Pour autant, Sodiaal veut croire « qu’une alliance est possible avec la grande distribution pour préserver une filière laitière vivante, sur tout le territoire ». L’industriel considère que cela passera également par une répercussion « de l’ordre de quelques euros par an » dans le panier du consommateur. « Il ne peut y avoir de telles inflations dans les fermes et dans les usines sans impact sur les prix de vente en magasin de nos produits », insiste Damien Lacombe.

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Vincent Guyot