« C’est une mesure forte » concède le cabinet de Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture. Ce jeudi 20 janvier 2022, le ministère annonce la mise en place d’un dépeuplement préventif de toutes les volailles et palmipèdes dans « d’une zone géographique caractérisée par de nombreux foyers ». Elle concerne 226 communes, dont 161 dans le département des Landes, 39 dans le Gers, et 26 dans les Pyrénées-Atlantiques.

« Elle pourra le cas échéant être révisée en fonction de l’évolution sanitaire », précise la rue de Varenne. Les objectifs des autorités sont clairs : « réduire la durée de l’épizootie [d’influenza aviaire] », « prévenir son extension vers d’autres zones de production aujourd’hui indemnes » et « permettre une remise en place des animaux dans les élevages le plus rapidement possible ».

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1,3 million d’animaux à abattre

Dans cette zone établie entre le sud des Landes, l’ouest du Gers et le nord des Pyrénées-Atlantiques, environ 1,5 million d’animaux sont à abattre, selon le Cifog (1), l’interprofession du foie gras. De son côté, le ministère de l’Agriculture évoque le chiffre de 1,3 million de volailles.

« Plus de 230 élevages de palmipèdes sont concernés », indique le cabinet du ministre. Ce « vide sanitaire régional » sera réalisé sur une durée de trois semaines, et sera suivi d’un nettoyage et d’une désinfection des élevages, pour « éviter toute résurgence du virus ».

Car la souche H5N1 de l’IAHP, qui sévit cette année, « touche particulièrement les gallus, précise le cabinet de Julien Denormandie. L’an passé, avec le virus H5N8, 90 % des animaux infectés étaient des palmipèdes, contre 10 % de gallus. Cette année, nous sommes plutôt sur 60 % de palmipèdes et 40 % de gallus ». Au 19 janvier 2022, la France comptait 231 foyers en élevage.

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« Prendre en compte les coûts de production »

S’agissant de l’accompagnement financier, « les élevages dont les animaux seront dépeuplés seront indemnisés dans les mêmes conditions que l’année dernière, promet le ministère. Les premiers versements des acomptes pour les indemnisations sanitaires ont débuté pour les élevages du Nord et dans le Sud-Ouest. »

De son côté, le Cifog prévient que cet accompagnement financier devra « tenir compte dans son calcul de l’augmentation des coûts de production dans les élevages ». L’interprofession demande également « la confirmation de la reconduction du plan d’accompagnement des pertes économiques amont/aval, car de nombreuses exploitations sont d’ores et déjà contraintes de ne pas remettre en place d’animaux dans les élevages ».

Vincent Guyot

(1) Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras.