Le virus H5N1 de l’influenza aviaire hautement pathogène se répand comme une traînée de poudre. Le 17 janvier 2022, le ministère de l’Agriculture dénombrait 216 foyers en élevage, soit plus du double du décompte réalisé une semaine plus tôt, le 11 janvier, avec 102 foyers. Le département des Landes est le plus touché, avec 144 foyers, loin devant les Pyrénées-Atlantiques (39 foyers).

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Une souche « plus contagieuse »

« Il subsiste également des zones d’instabilité dans le Béarn et dans le département du Gers (16 foyers) », précise Marie-Pierre Pé, directrice du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog). Selon elle, les experts s’accordent sur le fait que la souche H5N1, qui sévit cette année, est « plus contagieuse par la voie aéroportée » que le virus H5N8 qui a touché la filière l’an passé.

« Parmi les élevages touchés figurent de véritables modèles en matière de respect des règles de biosécurité », appuie la directrice du Cifog. Des investigations vont être menées pour « comprendre comment a été introduit le virus, en s’intéressant notamment à ce qu’il s’est passé avant sa détection. Pour l’heure, les professionnels sont dans l’inquiétude et dans l’incompréhension. »

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Interdiction des mises en place prolongée

Un désarroi d’autant plus marqué que « d’importants investissements ont été réalisés par les éleveurs : d’une part en termes de bâtiments pour mettre les animaux à l’abri, mais également par la réduction du nombre d’animaux dans les élevages. » Au 15 novembre, dans les zones à risque de diffusion (ZRD) et les zones à risque particulier (ZRP), « le nombre d’animaux dans les élevages a été réduit de 20 % », précise Marie-Pierre Pé.

Dans toutes les communes du Sud-Ouest situées jusqu’à 20 km autour des foyers d’influenza aviaire hautement pathogène, l’interdiction de mises en place de volailles d’un jour a été prolongée au-delà du 14 janvier, indique la directrice du Cifog. Par ailleurs, « des discussions sont en cours pour savoir si la stratégie de dépeuplement actuelle est suffisante, ou s’il ne faut pas la renforcer pour assurer un redémarrage plus rapide de la production », rapporte Marie-Pierre Pé.

Vincent Guyot