Le 10 septembre 2021, le ministère de l’Agriculture a relevé le niveau de risque lié à l’influenza aviaire hautement pathogène de « négligeable » à « modéré » en raison de l’identification d’un cas lié au virus H5N8 au sein d’un élevage de particulier dans les Ardennes.

Un « scénario catastrophe » pour le plein air

Dans un communiqué commun diffusé le 10 septembre 2021, la Confédération paysanne et le Modef s’inquiètent du « scénario catastrophe » qui s’annonce. Elles craignent en effet que l’élevage en plein air ne finisse pas disparaître après « une claustration de plus de 7 mois » et « une année blanche à venir ».

Le Modef et la Confédération paysanne estiment qu’en juillet 2021 le ministère de l’Agriculture avait « fait le forcing pour que la feuille de route influenza aviaire 2021 soit signée. Nous l’avons paraphée avec de très fortes réserves », insistent les deux syndicats.

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Des éleveurs dans « un flou abyssal »

Ils estiment que les éleveurs de volailles élevées en plein air sont actuellement « dans un flou abyssal inacceptable » car « les nouveaux arrêtés censés protéger la France d’une nouvelle crise ne sont toujours pas en consultation ».

Ainsi La Confédération paysanne et le Modef jugent que les éleveurs de plein air ne savent « toujours pas dans quelles conditions ils pourront élever leurs volailles cet automne et cet hiver ».

Les deux syndicats regrettent également que « les mises en place se maintiennent » dans les « élevages industriels ». Ils jugent « qu’aucun effort n’est fait pour diminuer les transports d’animaux vivants, qui diffusent partout sur le territoire l’épidémie très vite ».

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« La fin du plein air »

Pour le Modef et La Confédération paysanne la gestion de la crise « ressemble à une concentration de la production dans l’Ouest, vers plus de volume, d’intégration, d’industriel, de bâtiment, de circulation d’animaux vivants ».

Ils estiment que les éleveurs de plein air vont se retrouver « dos au mur » en se voyant « imposer la claustration et rien d’autre, au grand profit des industriels du secteur. Les consommateurs.trices doivent savoir que ce sera alors la fin du plein air, des œufs aux volailles et canards », insistent les deux syndicats.

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Marie-Astrid Batut