« Le risque que représente l’élevage en plein air [à l’égard de l’influenza aviaire] est tout à fait mineur au regard de la faune sauvage, des transports et de la densité », estiment la Confédération paysanne et le Modef, dans un communiqué publié ce vendredi 30 avril 2021.

Afin de lutter contre l’influenza aviaire hautement pathogène, les deux syndicats proposent « un pacte pour une gestion efficace », visant à « agir sur les vraies causes » et « promouvoir la transition agroécologique de l’élevage de volailles français. »

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« Réduire la densité »

Pour la Confédération paysanne et le Modef, « il est clair que la densité d’animaux extrême sur certains territoires contribue à une diffusion de proche en proche. ». Pour y remédier, ils proposent notamment de « fixer une limite de trois canards au m² pour les élevages avec bâtiment » durant les mois d’hiver.

En cas de projet d’installation de nouvel atelier de volailles ou de palmipèdes, les deux syndicats agricoles souhaitent « n’autoriser que les élevages dont le nombre d’animaux est limité ». Le seuil reste toutefois « à définir ».

Selon les syndicats, la dérogation à la claustration en palmipèdes et pour les volailles « doit être maintenue pour protéger le bien-être animal » et ne concerner « que les petites exploitations traditionnelles ayant strictement moins de 3 200 canards au total » s’agissant des filières des palmipèdes.

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« Limiter les déplacements »

Pour enrayer la diffusion du virus, les syndicats souhaitent « limiter les déplacements de canards prêts à gaver au sein d’une même zone pour éviter que des animaux issus de zone de surveillance (ZS) ou de zone de protection (ZP) traversent une zone indemne (ZI) ».

Par ailleurs, ils proposent de « rapprocher les zones d’élevage, de gavage, d’abattage et de transformation ». En période à risque et en zone dense, la Confédération paysanne et le Modef souhaitent « limiter à 50 km la distance entre élevage et salle de gavage ».

Dans les secteurs à risque accru à l’égard de l’avifaune, en cas de risque élevé, ils suggèrent « circonscrire la sortie d’animaux vivants et la circulation de produits issus d’élevages à un secteur ultra-local ».

« Abattre sur place »

En cas de foyer en élevage, les syndicats préconisent d’« abattre principalement sur place pour éviter la contamination par le transport d’éléments contaminés ». Dans les zones peu denses, ils souhaitent proscrire les abattages préventifs au sein des « élevages autarciques ».

La Confédération paysanne et le Modef plaident également pour une remise en place des animaux « sans critère de claustration ou de plein air pour toutes les volailles », considérant qu’« aucune donnée scientifique n’indique que les élevages plein air sont plus à risque ».

Les deux syndicats souhaitent « étudier la piste vaccinale afin qu’elle remplace la gestion sanitaire par abattage », mais également d’étudier une vaccination réservée « aux élevages en plein air et à ceux élevant des races à faible effectif ».

Vincent Guyot