L’étau se resserrait depuis quelques jours, avec les récents foyers détectés en Belgique et au Luxembourg à proximité directe de la frontière avec l’Hexagone. L’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) fait son retour en France, chez un particulier détenteur de volailles dans les Ardennes.

Selon le ministère de l’Agriculture, cet élevage est composé de canards, poules, dindes, pigeons. « Tous les animaux ont été euthanasiés le 8 septembre, de manière anticipée, pour éviter la diffusion du virus, et les zones de protection et de surveillance ont été immédiatement mises en place autour du foyer », indique la rue de Varenne.

« Emballement de la dynamique d’infection »

Considérant « l’emballement de la dynamique d’infection de l’épizootie et la possibilité de diffusion de ces virus par les oiseaux migrateurs de passage sur le territoire français », le ministère de l’Agriculture a décidé, par un arrêté publié ce vendredi 10 septembre, d’élever le niveau de risque de « négligeable » à « modéré » sur l’ensemble du territoire français.

La rue de Varenne estime nécessaire de « prendre des mesures de prévention urgentes et immédiates pour protéger les élevages de volailles français d’une potentielle contamination par le virus influenza aviaire ». Les craintes se tournent vers la faune sauvage, notamment dans « les zones à risque particulier (ZRP) ou les départements traversés par des couloirs de migration ».

Mesures de prévention obligatoires

À partir de ce vendredi 10 septembre, dans les communes situées en ZRP (1), des mesures de prévention sont rendues obligatoires :

Mise à l’abri des volailles ;

• Interdiction de rassemblement d’oiseaux ;

• Interdiction de faire participer des oiseaux originaires de ZRP à des rassemblements organisés dans le reste du territoire ;

• Autorisations limitées des transports et d’introduction dans le milieu naturel de gibiers à plumes et de l’utilisation d’appelants ;

• Interdiction des compétitions de pigeons voyageurs ;

Vaccination obligatoire dans les parcs zoologiques pour les oiseaux ne pouvant être confinés ou protégés sous filet.

Statut indemne préservé

Par ailleurs, l’apparition du virus H5N8 en France chez cet élevage de particulier ne remet pas en cause de statut indemne de la France vis-à-vis de l’IAHP, a indiqué la rue de Varenne. Il avait été recouvré le 2 septembre dernier, conformément aux normes de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE).

Dans ce contexte, Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture, appelle au « strict respect des mesures de biosécurité et à la surveillance accrue de la part des acteurs professionnels, des particuliers détenteurs d’oiseaux et des chasseurs. ». Il estime également que la mise en œuvre « rapide et complète » de la feuille de route signée le 8 juillet dernier entre l’État et les professionnels est « essentielle » pour « éviter une nouvelle épizootie. »

(1) Communes abritant des zones humides fréquentées par les oiseaux migrateurs.

Vincent Guyot