C’est validé. Après plus d’une quarantaine de réunions depuis mars dernier, une nouvelle feuille de route contre l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) a été présentée le 8 juillet 2021. Elle se base sur les recommandations de l’Anses et vise à mettre en perspective « les actions à mener, tant du côté de la profession que du côté des services de l’État et des Régions, pour nous préserver de la survenue et des effets d’une nouvelle crise », indique le ministère de l’Agriculture.

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Fin de la dérogation à la claustration

Plusieurs « mesures phares urgentes » devront être mises en place dès cet été. La fin de la dérogation à la claustration pour les élevages de moins de 3 200 animaux en fait partie. Elle laisse place à des « modalités de mise à l’abri obligatoire » en période à risque. « Il s’agit de ne pas opposer les modèles d’élevage et de ne jamais empêcher qui que ce soit de produire », assure le cabinet du ministre.

Concrètement, si la mise à l’abri en bâtiment fermé est la règle générale, d’autres modalités seront envisagées selon les espèces, les types et modes d’élevage, et la zone géographique : parcours réduit, parcours réduit sous filet de protection, ou encore « abri léger ». Elles s’accompagneront de mesures de prévention basées sur une analyse de risques.

Télédéclaration obligatoire

L’obligation de télédéclaration des élevages et des mouvements de toutes les volailles (gibiers d’élevage compris) est l’autre mesure « cruciale » à réaliser avant la fin de l’été 2021. « Elle est essentielle pour disposer de données cartographiées en temps réel et améliorer notre réactivité collective », indique le ministère. Cette mesure fera l’objet d’un accord interprofessionnel étendu afin de « renforcer et de coordonner la télédéclaration ».

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Nouveau zonage

La nouvelle feuille de route prévoit également l’établissement de « zones à risque de diffusion (ZRD) ». Un arrêté sera pris « d’ici à la fin de l’été au plus tard » pour en définir les critères, précise le ministère. À l’intérieur de ces zones, « les modalités de production feront l’objet d’un accord interprofessionnel ».

L’objectif est clair : réduire la densité des palmipèdes gras lors des périodes à risques et mettre en place des mesures de biosécurité spécifiques. « Il s’agira, par exemple dans la zone de la Chalosse, de réorganiser la production de foie gras sur l’année », illustre le cabinet du ministre de l’Agriculture.

Certificat de biosécurité

Afin d’« assurer la biosécurité au quotidien », les élevages seront désormais soumis à des audits périodiques validés par un certificat de biosécurité. « Ils seront réalisés par un vétérinaire sanitaire afin de vérifier que la biosécurité est adaptée à l’espèce, au type d’élevage et à la situation géographique. » Ces visites débuteront « dès que les grilles d’audit seront disponibles, probablement pas avant 2022 », confie le cabinet du ministre.

Dans le cas d’un abattage sanitaire, les indemnisations seront désormais conditionnées « au respect des mesures prescrites par la réglementation ». Par ailleurs, le ministère précise que cette nouvelle feuille de route « s’inscrit dans le temps ». Elle fera l’objet d’une première clause de revoyure à la fin de mars 2022.

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Vincent Guyot