« Pour les CRP de l’Ouest, la porte aux discussions est toujours ouverte pour Cooperl », assurent les Comités régionaux porcins (CRP) de la Bretagne et des Pays de La Loire, dans un communiqué publié le 23 juin 2021. Une main tendue telle une bouteille jetée à la mer, tant le divorce semble consommé entre la Cooperl et Inaporc.

Le contentieux remonte aux dernières élections pour la présidence de l’interprofession porcine, en septembre 2020. Guillaume Roué, président sortant issu de la famille de l’amont avait alors maintenu sa candidature à sa succession.

Pour la Cooperl, cette décision a « entravé » l’élection de Bernard Rouxel, candidat de La Coopération Agricole (famille de l’aval) et par ailleurs vice-président de la coopérative lamballaise. Cette dernière s’est notamment appuyée sur les statuts d’Inaporc, stipulant que « la présidence et la première vice-présidence sont assurées respectivement et alternativement par l’amont et l’aval ».

> À lire aussi : Bien-être animal, la castration des porcelets recule en Europe (03/06/2021)

Vers des cotisations obligatoires

Ne reconnaissant pas l’élection de Guillaume Roué, la Cooperl a ainsi décidé de quitter Inaporc en novembre 2020, et ne compte plus être associée dispositif collectif d’équarrissage (ATM) géré par Inaporc à partir de janvier 2022.

En conséquence, « le conseil d’administration d’Inaporc a décidé de garantir le fonctionnement et la répartition des coûts de l’équarrissage en rendant obligatoire, à compter du 1er janvier 2022, les cotisations ATM », indiquent les CRP de l’Ouest. Selon les deux organisations représentatives de l’amont, « ces cotisations ont pour vocation de s’appliquer à tous les éleveurs et aux distributeurs, ces derniers assurant le financement de 80 % du coût total ».

« Tout est encore possible »

Assurant jouer depuis plusieurs semaines le rôle de « facilitateurs pour que s’engagent les discussions entre Cooperl et les différentes instances », les CRP de l’Ouest estiment que « tout est encore possible » et proposent de mettre sur la table « tous les dossiers d’enjeux stratégiques et collectifs ».

Ils souhaitent notamment plancher sur l’avenir de l’équarrissage. Cela, dans l’objectif d’« éviter tous risques sanitaires alors que la peste porcine africaine menace », mais également de « créer de la valeur pour les entreprises en capacité de s’investir sur ce dossier ». Les CRP de l’Ouest soulignent également l’intérêt des travaux de « recherche et développement concernant les techniques de traitement et de valorisation ».

> À lire aussi : Élevage en plein air, les clôtures efficaces contre la peste porcine africaine (16/06/2021)

Vers une nouvelle mandature à Inaporc

Plus largement, ils suggèrent de « définir une nouvelle feuille de route (objectifs, missions, gouvernance) pour la prochaine mandature à Inaporc qui débutera dans le prolongement de l’assemblée générale du 6 juillet 2021 ».

Lors de cet événement, Guillaume Roué, actuel président de l’interprofession, devrait quitter ses fonctions. Le 11 juin 2021, lors de l’assemblée générale de la Fédération nationale porcine (FNP) à Pau, il avait annoncé avoir vendu son exploitation, et par conséquent ne plus être éleveur de porcs.

Vincent Guyot