« Je ne fais pas de chantage, on joue notre survie », a affirmé Emmanuel Commault, le directeur général du groupe coopératif Cooperl, lors d’une conférence de presse ce mardi 20 octobre 2020. Le groupe emploie 7200 salariés, principalement dans le Grand Ouest.

Condamné par l’Autorité de la concurrence

En juillet, l’Autorité de la concurrence a sanctionné douze industriels du jambon et de la charcuterie, leur infligeant 93 millions d’euros de pénalités au total pour des ententes sur les prix entre 2010 et 2013. L’exécution de cette sanction n’a pas encore été exigée par l’Autorité, de la concurrence selon la Cooperl, qui s’attend à ce que cela survienne d’ici à la fin octobre.

La plus forte sanction, de 35,5 millions d’euros, a visé le groupe coopératif basé à Lamballe (Côtes-d’Armor), qui a défendu son innocence lors de la procédure et a fait appel. Il lui est spécifiquement reproché d’avoir échangé avec d’autres fabricants de jambon cuit entre 2010 et 2012 « pour se concerter sur les offres en prix à proposer, notamment en réponse aux appels d’offres des enseignes de la grande distribution », selon le texte de la décision.

Pour le groupe Cooperl, sa condamnation repose sur un « faux document », le carnet d’un directeur commercial de la société Aoste, filiale du groupe Campofrio. Campofrio a sollicité la clémence de l’Autorité de la concurrence dans cette affaire et a écopé à ce titre d’une amende minorée, d’un million d’euros.

« Virtuellement en cessation de paiement »

« En nous condamnant brutalement sur la base d’un faux […], on nous met virtuellement en cessation de paiement, a déploré Emmanuel Commault, soulignant que l’appel ne suspendait pas le versement de l’amende. Si on nous demande de payer dans les jours qui viennent […], on arrête tous les recrutements, tous les projets d’investissement et on s’engage dans un plan de restructuration dur », a-t-il ajouté, mentionnant des « baisses de salaires » et la « fermeture d’usines ».

« Le plan est presque près », a-t-il ajouté, soulignant que la « réflexion » portait sur plusieurs usines, parmi les douze rachetées dans le cadre de la reprise de Brocéliande en 2010 et des actifs de la holding Financière Turenne Lafayette en 2017. Ces douze usines emploient au total 2500 salariés et génèrent 900 millions d’euros de chiffre d’affaires, selon le groupe qui a enregistré plus de 2,4 milliards de chiffre d’affaires en 2019.

AFP