Plaidoyer pour la castration ou réquisitoire contre l’élevage de porcs mâles entiers ? Sans doute un peu des deux. Dans un communiqué publié le 14 décembre 2020, Culture Viande en appelle « à la responsabilité de chacun des maillons de la filière pour, au sein de son interprofession Inaporc, s’engager à explorer toutes les pistes techniques, juridiques et économiques qui permettront, en accord avec les autorités sanitaires et vétérinaires, de poursuivre au 1er janvier 2022 la castration des animaux dans le cadre de la loi. »

Afin de démontrer l’existence d’alternatives à la castration à vif, le syndicat de l’abattage-découpe s’appuie sur l’exemple allemand. « En Allemagne, dès le 1er janvier prochain, les éleveurs qui auront suivi une formation et en accord avec leurs services vétérinaires, pourront procéder à la castration des animaux sous anesthésie générale à l’isoflurane. »

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« Spéculations économiques des éleveurs »

Pour Culture Viande, le débat de l’orientation de la production vers le mâle entier « alimente la guerre entre groupements et les spéculations économiques des éleveurs. Seul le marché fixe les prix, valorise les bons produits au détriment des autres », tranche le syndicat, estimant que « les plus-values générées par l’amont ont toujours rapidement été captées par l’aval ».

Si Culture Viande reconnaît un risque « infime » lié à l’utilisation de viandes issues de porcs mâles entiers, il ne manque pas de lister leurs « faiblesses » : un gras « qui ne convient pas à la fabrication des salaisons sèches », la teneur élevée en maigre « alors que la viande porcine est déjà considérée par le consommateur comme trop sèche », ou encore « un risque d’odeur à la cuisson ».

Des animaux « agressifs »

Le syndicat considère par ailleurs que « la pratique ancestrale de la castration précoce des porcs mâles en élevage » permet d’éviter les comportements agressifs des animaux. Il estime que l’argument du bien-être animal est « avancé à tort pour la non-castration des porcs. […] Il doit se mesurer sur l’ensemble du cycle de production.

En France, la profession vétérinaire s’est d’ores et déjà exprimée en faveur de l’élevage de porcs mâles entiers. Du côté de l’amont, une dizaine de groupements de producteurs a proposé en juillet 2020 de baser le cours du porc français sur le porc mâle entier. Le 10 novembre dernier, une association d’éleveurs en faveur de l’élevage de mâles entiers a vu le jour.

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Vincent Guyot