« En tant qu’intrant non chimique et ciblé, le biocontrôle peut offrir une solution systémique et équilibrée pour une agriculture durable », écrit l’Institut pour la politique européenne de l’environnement dans un rapport publié le 29 juin 2021.

« Le Green Deal européen, en particulier ses stratégies Farm to Fork et biodiversité, vise à ouvrir la voie à ce nouveau système de production et de consommation alimentaire. En tant qu’alternative systémique et équilibrée aux intrants chimiques dans l’agriculture, le biocontrôle est certainement un catalyseur de ce changement de système », juge Faustine Bas-Defossez, directrice de l’impact externe chez IEEP.

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Rôle pour l’agriculture durable

Ce rapport rassemble des éléments montrant le rôle que le biocontrôle peut jouer dans une agriculture durable, notamment en termes de bénéfices pour la biodiversité. Il émet cinq recommandations politiques :

  1. Une définition commune

    Utiliser une définition commune de l’Union européenne sur le biocontrôle, pour apporter de la « clarté sur ses aspects techniques au débat politique sur la lutte antiparasitaire pour une agriculture durable ».

  2. Un cadre juridique adapté

    Adapter le cadre juridique actuel de l’Union européenne « pour reconnaître les implications non toxiques du biocontrôle, par rapport aux produits chimiques.

  3. Un alignement de la Pac

    Mieux aligner la Pac sur la stratégie européenne « De la ferme à la table » en augmentant l’utilisation de la lutte biologique et « en créant une voie pour atteindre les objectifs de 2030 sur l’agriculture biologique et la réduction des pesticides chimiques ».

  4. Des besoins de recherche

    Étendre les sujets de recherche et les investissements au-delà des questions techniques sur la relation du biocontrôle et l’atténuation du changement climatique.

  5. Une application à plus grande échelle

    Faire « pression » pour une application du biocontrôle à plus grande échelle et accélérée, soutenue par les instruments politiques disponibles dans la Pac. Cela « montrera le potentiel démontré par le biocontrôle pour lutter contre les ravageurs et les maladies des plantes, à l’appui des objectifs du pacte vert de l’Union européenne », écrivent les auteurs du rapport.

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Isabelle Escoffier