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La FNSEA manifeste contre les scénarios proposés pour la nouvelle Pac

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Plan stratégique national - La FNSEA manifeste contre les scénarios proposés pour la nouvelle Pac
Discours des organisateurs de la manifestation devant la préfecture de Beauvais (Oise). © Renaud d’Hardivilliers/GFA

La section du Grand Bassin parisien de la FNSEA a donné rendez-vous à ses militants dans 120 villes ce vendredi 2 avril pour alerter les préfets et élus de la direction que le ministère de l’Agriculture propose de donner à la nouvelle Pac. Reportage dans un de ces rassemblements, à Beauvais (Oise).

« Il faut que le gouvernement revoie sa copie », affirme Régis Desrumaux, agriculteur et président de la FDSEA de l’Oise. À l’appel de la FNSEA Grand Bassin parisien, et comme 5 000 de leurs collègues réunis dans 120 villes, une soixantaine d’agriculteurs se sont retrouvés devant la préfecture de Beauvais pour manifester leur inquiétude à la suite de la parution de scénarios prévisionnels étudiés par le ministère de l’Agriculture pour le plan stratégique national (PSN). Pour l’instant, seul le premier pilier a été étudié.

Selon les estimations du syndicat majoritaire, la réforme de la Pac telle qu’elle est vue par le ministère entraînerait une baisse de 40 % des aides en système de polyculture. Les exploitations d’élevage allaitant seraient aussi particulièrement touchées.

> À lire aussi : Montagne : plus de 5 000 éleveurs mobilisés pour défendre leur avenir (25/05/2021)

Des éco-schémas sélectifs

Principale inquiétude : les éco-schémas. Selon les prévisions de la FDSEA, 37 % des agriculteurs en seront exclus et 45 % n’atteindront pas le montant maximal de la mesure. « Cela représente une perte de 80 euros de l’hectare », précise Régis Desrumaux. Pascal Foucault, vice-président de la FDSEA rappelle que son but est que « tous les agriculteurs puissent avoir l’intégralité de l’aide ».

Aide aux bovins, rotation et convergence

Seconde inquiétude, le plafonnement des aides couplées animales. Selon le projet du ministère, cette aide serait plafonnée à 1,4 UGB par hectare de surface fourragère et à 100 UGB. Il est à noter que les surfaces fourragères ne prennent pas en compte la production dérobée ou la consommation de pulpe de betterave. Selon le président du syndicat, les troupeaux allaitants seront les plus touchés.

Le nouveau projet prévoit aussi de basculer l’exigence de diversité des assolements en exigence d’allongement des rotations. Il deviendrait par exemple impossible de produire du blé sur blé ou deux maïs d’affilée, explique le président de la FDSEA. Cependant, cela va en contradiction avec les mesures liées à l’autorisation des néonicotinoïdes sur betteraves qui poussent certains agriculteurs vers cette succession.

Enfin, les divers représentants de la FDSEA se sont montrés inquiets à propos de la convergence des aides. Le projet gouvernemental envisage une convergence de 100 % à la fin de la prochaine période de programmation. Les présentant syndicaux demande d’abaisser ce chiffre à 85 % que le changement « se fasse dans la douceur ».

« Une usine à gaz »

Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA et agriculteur dans l’Oise, a souligné aussi la complexité du projet de la nouvelle Pac. « Déjà, la Pac actuelle était compliquée à comprendre pour les agriculteurs. Mais ce n’est rien à côté de ce qui nous attend. C’est une vraie usine à gaz ». Pour lui, l’application de la réforme sera « ingérable sur nos fermes ».

Il s’est montré très inquiet quant à l’arrivée de « l’idéologie de la décroissance » dans la réforme de la Pac.

Également présente pour soutenir les agriculteurs, Agnès Thil, la députée de la deuxième circonscription de l’Oise, a rappelé que « les paiements Pac n’étaient pas une aide mais une compensation ». Elle a rappelé son attachement à la mise en application de l’article 44 de la loi Egalim, qui vise à interdire l’importation de denrées qui ne pas produites avec les mêmes règles qu’en Europe.

Les représentants de la FDSEA 60 ont été reçus par la préfète de l’Oise. Il est à noter cependant que le document du ministère de l’agriculture dont il est question n’est pas la version définitive mais un document de travail. Il présente trois scénarios dont aucun n’est encore validé. Le ministère précise que les textes publiés sont une base de discussion.

Renaud d’Hardivilliers
Des agriculteurs mobilisés dans tout le nord de la France

Patates pourries déversées devant la sous-préfecture du Havre, opérations escargots sur des grands axes franciliens : plusieurs milliers d’agriculteurs, selon les organisateurs, ont manifesté vendredi pour adresser un « avertissement » au gouvernement contre une réforme des aides européennes, dont le verdissement les pénaliserait financièrement.

Selon la FNSEA Grand Bassin parisien — la section du premier syndicat agricole français qui était à l’origine de l’appel à manifester, 5 000 agriculteurs étaient mobilisés sur douze départements, d’une partie de la Normandie à une partie de la Champagne-Ardenne, en passant par l’Île-de-France et les Hauts-de-France.

Derrière le péage de Saint-Arnoult, dans les Yvelines, une ribambelle de tracteurs se sont garés vers six heures autour d’un petit rond-point, pour bloquer les axes stratégiques menant à Orléans, Étampes ou encore Chartres.

Une trentaine d’agriculteurs ont agrémenté leurs tracteurs de quelques pancartes au style direct : « Macron, veux-tu encore de tes paysans ? »

« On veut lancer un avertissement à Emmanuel Macron » dont « on ne partage pas la vision » de la réforme de la Pac, explique Damien Greffin, président de la FNSEA Grand Bassin parisien.

Des bouchons ont été rapportés sur plusieurs axes franciliens et au-delà. Le réseau autoroutier Sanef a ainsi signalé des perturbations sur l’A13, qui relie Paris à Caen.

En fin de matinée, une trentaine de tracteurs ont aussi mené une opération escargot sur le périphérique de Caen, selon Bison Futé.

Au Havre, une petite trentaine d’agriculteurs à bord de 18 tracteurs ont déversé 11 bennes de déchets (souches d’arbres, pneus, betteraves pourries, patates pourries) devant la sous-préfecture, d’après un responsable de la police.

À Lille, une trentaine de tracteurs ont été parqués autour de la préfecture, où une délégation a été reçue. L’action était rythmée par les retentissantes déflagrations d’un effaroucheur à volatiles, a constaté une journaliste de l’AFP.

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