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Baisse des exportations de céréales vers l’Union européenne

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Estimations pour 2020-2021 - Baisse des exportations de céréales vers l’Union européenne
Selon les nouvelles estimations de FranceAgriMer pour la campagne de 2020-2021, les exportations françaises de blé tendre vers l’Union européenne chuteraient de 130 000 tonnes, pour atteindre un niveau historiquement bas de 5,8 millions de tonnes. © Cédric Faimali/GFA

Les nouvelles prévisions de FranceAgriMer pour la campagne de 2020-2021 témoignent d’une moindre compétitivité du blé et de l’orge français sur le marché européen. Les stocks finaux des céréales sont révisés à la hausse.

Les estimations du mois de mars pour la commercialisation des céréales françaises sur la campagne de 2020-2021 ont été présentées le 10 mars 2024 par FranceAgriMer, dans le cadre d’une conférence de presse faisant suite à son conseil spécialisé des grandes cultures et des marchés céréaliers.

Pas de révision des disponibilités

« Ces prévisions marquent une baisse des exportations pour les blés tendre et dur ainsi que pour le maïs, particulièrement pour les destinations vers l’Union européenne. La disponibilité, quant à elle, se maintient permettant une relative détente des stocks de report », précise Marion Duval, adjointe au chef de l’unité des grains et du sucre de FranceAgriMer.

Cette révision à la baisse est à mettre au regard d’un rythme d’exportation « décevant », pouvant s’expliquer par une moindre compétitivité des céréales françaises. FranceAgriMer dit « rester vigilant » quant aux niveaux de demande réels des pays de l’Union européenne.

Les ventes de blé tendre français en Europe au plus bas

Pour le blé tendre, la disponibilité est relativement stable par rapport aux prévisions du mois de février avec 30,3 millions de tonnes pour la campagne de 2020-2021. Les utilisations évoluent peu, à l’exception de l’amidonnerie, en légère baisse.

Les exportations vers l’Union européenne baissent de 130 000 tonnes par rapport au mois précédent (5,8 millions de tonnes pour la campagne de 2020-2021). Le stock final est en hausse de 136 000 tonnes pour les prévisions de ce mois (atteignant 2,6 millions de tonnes pour la campagne de 2020-2021).

Sur l’orge, « la situation est à peu près similaire au blé », avec une disponibilité stable, des exportations vers l’Union européenne en baisse à l’inverse des exportations vers les pays tiers grâce à la demande chinoise, et un stock final en légère hausse de 22 000 tonnes par rapport à l’estimation de février (1 million de tonnes). Les utilisations en malterie domestique sont revues à la baisse, de 10 000 tonnes.

Quant au blé dur, la concurrence des productions canadiennes pèse sur les exportations vers l’Union européenne et les pays tiers. La disponibilité varie légèrement, liée à la baisse des importations. De ce fait, le stock se détend sur les prévisions de mars mais reste bas, selon FranceAgriMer, à 187 000 tonnes pour la campagne de 2020-2021.

Un stock de report symbolique atteint pour le maïs

Pour le maïs grain, la disponibilité est relativement stable sur ces nouvelles estimations (13 millions de tonnes) de même que les utilisations domestiques avec « un point de vigilance sur le poste de l’éthanol où une dégradation des marges chez les industriels est probable et dont les annonces sont attendues », indique Marion Duval.

Avec des exportations vers l’Union européenne et les pays tiers révisées à la baisse (–34 000 tonnes et –60 000 tonnes respectivement), « le stock de report passe au-dessus de la valeur symbolique des 2 millions de tonnes pour la campagne de 2020-2021 ».

Statu quo temporaire pour les utilisations des fabricants d’aliment

Concernant les utilisations en alimentation animale et compte tenu des conséquences de l’épidémie d’influenza aviaire, FranceAgriMer attend un impact potentiel plus important sur les mises en œuvre de blé tendre, d’orge et de maïs (baisse de 50 000 tonnes à 100 000 tonnes).

Cependant, et en l’absence d’informations plus précises, FranceAgriMer reste « sur une position assez conservatrice » et attend le mois prochain pour réévaluer son bilan sur ce poste.

Charlotte Salmon

Engagement des agriculteurs dans la collecte
Source : FranceAgriMer
Source : FranceAgriMer

À la demande du conseil spécialisé des grandes cultures le mois dernier, FranceAgriMer a réalisé un travail d’analyse sur l’engagement des agriculteurs dans la mise en collecte de leur production.

La question était de savoir si la collecte a été plus rapide en 2020 par rapport à d’autres campagnes, au regard des prix élevés constatés depuis l’été dernier. Pour cela, l’évolution des volumes collectés en cumulé, puis au trimestre a été comparée à leurs niveaux les plus hauts et les plus faibles de la période allant de 2010 à 2019.

En prenant l’exemple du blé tendre, l’analyse montre qu’en cumulé, la courbe de 2020 suit le niveau de faible collecte de 2016, avec cependant une accélération au second trimestre. En relatif, les vitesses de collecte de janvier et février sont parmi les plus hautes enregistrées.

Au premier trimestre, le plus gros de la collecte est réalisé (un peu moins de 60 %), mais le second trimestre enregistre un niveau historique de 20 %. Cet exercice a également permis de démontrer une certaine variabilité dans les vitesses de collecte d’une année sur l’autre.

Le même travail a été réalisé pour l’orge, le blé dur et le maïs. Les deux premières cultures enregistrent une tendance similaire au blé tendre, bien que l’orge présente un peu moins de variabilité. Le profil du maïs est différent au regard de sa période de récolte.

FranceAgriMer émet un point de vigilance sur l’utilisation des données : « multiplier les volumes et les cours entre eux pour obtenir la valeur rendue aux agriculteurs serait une démarche intellectuelle dangereuse et fausse », indique Marion Duval.

En effet, les agriculteurs peuvent être amenés à vendre au prix de campagne, lissé sur l’année. Par ailleurs, l’analyse a été effectuée sur des prix Fob et non le prix payé aux agriculteurs. « Il s’agissait surtout ici de dégager des tendances et de mettre en regard les deux types de données », conclut l’analyste.

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