« J’ai besoin qu’on m’explique pourquoi ce qui est valable pour le Mercosur ne l’est pas pour le Ceta », a martelé Jérôme Despey, lors de la conférence de rentrée de la FNSEA, le 4 septembre 2019 à Paris.

Le secrétaire général de la FNSEA a confirmé que de nouvelles actions de mobilisation auraient lieu à partir de la mi-septembre. L’objectif est d’interpeller les parlementaires, et notamment les sénateurs, qui seront amenés à se prononcer à l’automne sur le projet de ratification du Ceta, approuvé par l’Assemblée nationale, le 23 juillet 2019.

Incompréhension sur le Ceta

Le 23 août dernier, Emmanuel Macron avait fait savoir qu’il s’opposait au traité de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. « Nous prenons acte de la décision du président de la République. Nous sommes satisfaits car cela viendrait encore accentuer les distorsions de concurrence. Mais il y a une incohérence avec les décisions prises concernant le Ceta », insiste Jérôme Despey.

« Il a une distorsion de concurrence, nous allons continuer le combat sur le Ceta comme sur le Mercosur », continue Jérôme Despey. Le syndicat insiste sur la nécessité de transparence avec les consommateurs, indiquant que les conditions de production au Canada ne sont pas les mêmes qu’en Europe, notamment concernant l’utilisation possible des farines animales et des activateurs de croissance dans l’alimentation des bovins, ainsi que l’utilisation de 46 substances phytopharmaceutiques qui ne sont pas autorisées en Europe.

Relativiser les gains pour les filières

Christiane Lambert insiste pour relativiser les gains pour la filière laitière ou celle des vins et spiritueux. Les arguments des députés de LREM ne tiennent pas. Par exemple, l’augmentation de 86 % des exportations sur le brie constatée depuis la mise en application du Ceta ne représente que 1,6 million d’euros d’échanges. Une somme dérisoire au regard des enjeux pour la filière de la viande bovine, selon la présidente de la FNSEA.

Marie Salset