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Dans l’exploitation de Julien Demongeot, éleveur de charolaises à Blondefontaine en Haute-Saône, une vache peu commune attire les regards. Biguine, de race brahmane, « prend toujours la pose », affirme Abymaël Thérèse, apprenti en BTS agricole, qui l’a suivie depuis la Martinique. Avec son port de tête majestueux, elle devait être l’égérie du Salon international de l’agriculture (Sia) 2026.
Privée de Salon de l'agriculture
Mais avec l’absence des bovins en raison de la dermatose nodulaire bovine (DNC), la star des vaches martiniquaises ne brillera pas dans les allées. C’était la première fois qu’une race ultramarine, élevée principalement en système herbager pour la production de viande, devait être à l’honneur au Sia.
Pour arriver en métropole, en novembre 2025, Biguine et quatre de ses congénères, dont deux vaches et deux génisses, ont voyagé durant onze jours en bateau. À leur embarquement comme à leur arrivée à Blondefontaine, Abymaël Thérèse était à leurs côtés pour les rassurer.
Une race rustique
Âgée de sept ans, Biguine (162 cm au garrot pour 720 kg, deux vêlages) aurait vite conquis le grand public. Adaptée au climat tropical et connue pour sa rusticité, la brahmane, proche du zébu, arbore une bosse sur le dos favorisant le stockage de l’eau pendant les périodes sèches. Elle est aussi dotée d’un long fanon au niveau du cou qui lui permet de supporter la chaleur.
Et comment ignorer ses longues oreilles ? Grâce à elles, Biguine et ses congénères se ventilent avec élégance. Les éleveurs choisissent également de conserver les cornes afin que les vaches puissent défendre leurs veaux contre les chiens, des prédateurs courants en Martinique.
Dès leur arrivée dans l’Hexagone, les cinq bovins martiniquais se sont vite habitués à leur nouveau quotidien. Ils ont droit à du foin et un mélange de grains, matin et soir. Quand l’occasion se présente, ils reçoivent même des bananes, leur « péché mignon », relève Abymaël Thérèse.

Changement de robe
À l’origine blanches, les brahmanes affichent aujourd’hui un pelage gris et plus dense, sans doute mieux adapté aux températures hivernales de la Haute-Saône. Plutôt indépendantes sur leur île, elles n’hésitent pas à dormir les unes contre les autres pour se réchauffer.
En vue de trôner fièrement dans le hall 1 du Sia, Biguine a été accoutumée au bruit. Pour la familiariser à un environnement animé, chaque matin, Abymaël Thérèse travaillait en musique. Biguine restera finalement au calme. Comme prévu, le petit troupeau de brahmanes restera en métropole.