Emmanuel Macron ne pouvait pas se rendre au Salon de l’agriculture ce samedi 21 février 2026, sans évoquer le sujet de la prochaine Pac. Juste avant d’inaugurer officiellement le Sia, il a affirmé que « les revenus pour nos agriculteurs seront garantis dans la prochaine Pac ».

Deux budgets à mobiliser

Pour tenir cette promesse, le chef de l’État compte sur deux leviers : le budget européen et celui de la France. « C’est à la fois dans les discussions européennes et dans le budget français, a-t-il affirmé. C’est une chose très importante à la fois de garantir ces montants, mais aussi de se battre pour obtenir les moyens qui vont permettre de moderniser nos exploitations agricoles et notre industrie agroalimentaire. »

Là, Emmanuel Macron veut se montrer offensif. « Ce n’est pas seulement défensif l’approche que nous avons. Nous sommes convaincus avec le gouvernement et les ministres que nous devons dans beaucoup de filières, moderniser la production, parfois l’aval, notre capacité à transformer pour mieux valoriser encore les produits. »

Les difficultés du secteur céréalier

Le président de la République a pris comme exemple le secteur des grandes cultures confronté à des prix sur le marché qui ne couvrent pas les coûts de production. Et de rappeler le combat de la France pour sortir les engrais du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF).

« On l’a déjà beaucoup amélioré [le dispositif MACF, N.D.L.R.] mais on a encore les derniers mètres à faire. À côté de cela, on a aussi à améliorer l’aval, à mieux transformer ce que nos grandes cultures produisent pour être moins dépendant des cours mondiaux. Et ça, c’est un volet plus offensif qu’on veut aussi obtenir à Bruxelles. C’est comment moderniser l’agriculture et l’agroalimentaire en Europe. »

Justifiant sa politique agricole depuis 2017 à l’époque où il prônait la montée en gamme, Emmanuel Macron a rappelé qu’à cette époque, « on exportait vers la Russie. Au moment où je vous parle, la Russie exporte dans le monde entier. Il y a un bouleversement complet des marchés. »

Des syndicats vigilants

Du côté des syndicats, le président de JA, Pierrick Horel, qualifie d'« inacceptable » la réduction du budget de la Pac proposée par la Commission européenne. Il l’estime à 13 %. Pour son organisation, il est hors de question de voir ce budget réduit davantage lors des prochaines négociations.

JA voit aussi d’un « très mauvais œil » une éventuelle renationalisation des aides, où la gestion reviendrait davantage aux États membres. Il craint que cela n’affaiblisse la cohérence et la force de l’agriculture à l’échelle du continent.

C’est la même position que la FNSEA défend. Arnaud Rousseau, son président, a rappelé ce samedi matin sur BFMTV que l’agriculture française « dépend beaucoup des budgets européens » et « ce que nous attendons de lui [le président de la République, N.D.L.R.] dans l’année qui vient, c’est qu’il négocie ce budget européen de sorte que la France défende ses intérêts. »