« Tous les syndicats sont les bienvenus derrière le ruban, a assuré le président de la République ce samedi 21 février 2026, quelques minutes avant d’inaugurer le Salon international de l’agriculture (Sia). Et je verrai ensuite avec la ministre en bilatéral, chacun des syndicats qui le souhaite. Je pense qu’il y a des moments où tout le monde doit être derrière la ferme Française. Ce n’est pas un moment de division le Salon, c’est un moment où on montre à l’ensemble des familles qui veulent venir la richesse de nos productions, leur diversité. C’est un moment de fierté. Nous sommes à leur disposition. Je pense que c’est un moment où l’unanimité doit prévaloir. »
Le Salon « est un grand rendez-vous depuis maintenant 62 ans qui permet d’exprimer cette fierté française, la fierté de la production agricole, la fierté aussi de nos territoires, a poursuivi Emmanuel Macron. Et je crois que c’est ce qui fait que la France a un rapport à l’agriculture, qui est évidemment un rapport économique. C’est un grand secteur économique, un très grand secteur d’export, d’excellence française. C’est un secteur qui continue d’attirer les jeunes. C’est une fierté de nos territoires, la France qu’on aime. »
Vers un rendez-vous avec « tous les syndicats » ?
Comme prévu, le président de la République s’est entretenu avec Jeunes agriculteurs (JA), puis la FNSEA. Le président de JA, Pierrick Horel, a insisté auprès de la presse sur la nécessité de dépasser la colère pour instaurer des projets d’avenir et garantir la souveraineté alimentaire de la France.

Du côté de la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole, l’heure restait au boycott. L’Élysée a pourtant proposé hier soir, vendredi 20 février, un échange bilatéral pour organiser une rencontre avec l’organisation syndicale.
Le porte-parole de la Confédération paysanne, Stéphane Galais, confirme à la France Agricole que le syndicat reste ferme quant à sa décision de boycotter le traditionnel rendez-vous avec le président de la République. « Nous ne comptons pas non plus le recevoir sur notre stand, ni l’interpeller dans la journée », ajoute-t-il. Pour l’organisation syndicat, « c’est un vrai boycott pas comme la Coordination rurale. » La veille, vendredi 20 février 2026, cette dernière a elle aussi annoncé son intention de ne pas prendre part à l’inauguration du Sia par Emmanuel Macron. Son président, Bertrand Venteau, a même « déconseillé » au chef de l’État toute tentative d’approche de son stand.
Ce samedi 21 février en début de matinée, retournement de situation : le patron du syndicat a finalement échangé avec le président de la République, aux côtés du représentant du Lot-et-Garonne, José Perez. Bertrand Venteau s’est même dit ouvert à un rendez-vous commun avec « tous les syndicats ». « Il y a la période de la guerre syndicale et la période où on doit construire », a-t-il précisé.
« Il nous a promis une énième réunion à l’Élysée avec les autres syndicats et les filières. Mais, ça fait deux ans qu’on porte les mêmes choses, il a juste à les mettre en application », a déploré Bertrand Venteau à la sortie de son entrevue avec Emmanuel Macron. La tenue de la réunion a été confirmée par l’Élysée, mais aucune date précise n’a été donnée pour l’heure.

« Il est extrêmement pesant ce Salon »
La Coordination Rurale dénonce un Salon de l’agriculture devenu « une vitrine soigneusement mise en scène, loin des réalités quotidiennes des agriculteurs ». « Il est extrêmement pesant ce Salon », a renchéri Bertrand Venteau lors d’un micro tendu, en faisant référence à l’absence des bovins en raison de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).
De son côté, Natacha Guillemet, représentante de la Coordination rurale des Pays de la Loire ressent de la « colère ». Selon elle, l’inauguration d’Emmanuel Macron est « éminemment politique. Le Sia devrait appartenir à l’agriculture et non être « la vitrine d’un monde qui se fiche du monde agricole. »
Après l’échange avec le président de la République, José Pérez a lui pris la tête d’un groupe de « bonnets jaunes » avec des pancartes pour manifester dans le hall 7 et demander un échange avec Emmanuel Macron et tous les syndicats « dès ce soir », « cette nuit s’il le faut ». « Les agriculteurs attendaient de ce salon des réponses. Là, il n’y a pas une vache. Il n’y a plus rien. C’est une honte, on nous tient éloignés », a-t-il déclamé devant ses adhérents, rapporte l’AFP.
Face au dispositif de sécurité déployé autour du président, « ça va être un peu compliqué de faire des actions un peu musclées parce qu’on va être rapidement maîtrisés », reconnaissait un peu plus tôt François Walraet, le secrétaire général du syndicat.