La Commission européenne évalue, dans un rapport publié le 12 février 2026, l’avancée des politiques en faveur de la biodiversité dans le cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité. Ce plan fixe des objectifs mondiaux à atteindre d’ici à 2030 et 2050.

Pour les volets qui concernent l’agriculture, avec les pollutions aux produits phytosanitaires et nitrates, « des progrès ont été réalisés, mais à un rythme insuffisant », tranche la Commission.

« Peu de chances » pour l’objectif de 2030 sur les nitrates

La concentration moyenne en nitrates dans les eaux souterraines de l’Union européenne « n’a pas changé de manière significative entre 2000 et 2022, oscillant autour de 21 mg NO3/l », observe l’Institution. En se basant sur la situation actuelle et les tendances passées, elle estime que l’Union européenne a donc « peu de chances d’atteindre l’objectif d’ici à 2030 ».

L’eutrophisation — accumulation de nutriments, tels que l’azote et le phosphore, dans un milieu — diminue, quant à elle, légèrement dans certaines zones, mais reste « largement inchangée dans les mers européennes », résume la Commission. Cette dernière relève en revanche, entre 2005 et 2023, un repli de près de 14 % de la superficie des écosystèmes menacés d’eutrophisation en raison des dépôts atmosphériques d’azote dans les pays membres.

Une hétérogénéité entre pays pour les phytos

La Commission rapporte des dépassements des seuils de produits phytosanitaires dans 12 % des eaux souterraines et 23 % des cours d’eau.

Elle relève par ailleurs une baisse globale, au niveau de l’Union européenne, de 58 % de l’utilisation et des risques liés aux produits de synthèse, et une diminution de 27 % des produits les plus dangereux entre 2015-2017 et 2018-2023. Toutefois, les deux indicateurs européens à l’origine de ces résultats « présentent des lacunes », puisqu’ils « n’évaluent pas de manière adéquate les risques pour la biodiversité », nuance l’Institution.

Repli des ventes

Cette dernière reprend enfin les résultats d’une étude couvrant les données pour la période de 2013 à 2019. Ceux-ci montrent que la « toxicité totale appliquée » des produits phytosanitaires a diminué dans certaines parties de la zone communautaire, mais « qu’aucune amélioration n’est observée dans d’autres régions ». La Commission s’est par ailleurs engagée à développer à l’avenir des indicateurs plus adaptés au suivi de l’impact des produits phytosanitaires.

En 2023, environ 292 000 tonnes de pesticides ont été vendues dans l’Union européenne, selon la Commission. Il s’agit du « niveau le plus bas depuis le début de la série de données en 2011, [qui représente] une baisse de 9 % par rapport à 2022 et de 18 % par rapport à 2021 ». En France, d’après les données publiées par Phyteis, l’organisation représentant les producteurs de produits phytosanitaires, les ventes de substances conventionnelles ont aussi reculé, de 5 %, entre 2023 et 2024 pour attendre leur plus bas niveau.