« La santé n’est pas un coût, c’est un capital, a assuré Jean-François Futtero, président de la caisse centrale de la mutualité sociale agricole (MSA). Nous devons la préserver. » Mercredi 25 février 2026, devant une quarantaine de personnes réunies au Salon international de l’agriculture (Sia), la MSA a présenté son nouveau plan santé-sécurité au travail (PSST) pour la période 2026-2030.

Prévenir le mal-être professionnel

Articulé autour de deux axes, le plan cible les salariés et non-salariés agricoles, les partenaires et les filières professionnelles. Son défi : s’adapter aux évolutions du monde agricole pour « garantir des conditions de travail toujours plus sûres et respectueuses de la santé des travailleurs ».

Le premier axe entend accompagner les entreprises pour améliorer les conditions de travail. La MSA ne veut plus uniquement poser un diagnostic des niveaux de risque comme le prévoyaient les précédents plans santé-sécurité, mais davantage « repérer les déterminants à l’origine du déséquilibre ». Il s’agit de la prévention primaire.

La MSA détaille les trois niveaux de prévention qui marquent son intervention dans les exploitations lors d'un sinistre. (© Capture écran du PSST de la MSA 2026-2030)

Autrement dit, le nouveau plan poursuit la prévention des principaux risques professionnels agricoles : risque chimique, machinisme, chutes de hauteur, troubles musculosquelettiques (TMS) et troubles psychosociaux (TPS). Mais son champ d’action évolue. Il s’élargit à la prévention du mal-être professionnel, de la désinsertion professionnelle, des addictions et des accidents du travail graves et mortels (ATGM), et il contribue à la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT).

Rendre l’agriculture accessible à tous

Le second axe vise à soutenir les transformations et les transitions de l’agriculture. Pour y parvenir, la MSA se fixe plusieurs objectifs. Elle veut accompagner les professionnels pour « anticiper au mieux et le plus tôt possible » les mutations agricoles susceptibles d’avoir un impact sur le travail et épauler agriculteurs et agricultrices dans l’usage de nouvelles technologies.

Le nouveau PSST entend aussi accompagner les entreprises agricoles à se rendre davantage attractives et à se rendre compte de la vulnérabilité de certaines populations pour relever le défi du renouvellement des générations. Et ce, en assurant la santé et la sécurité au travail pour tous. La MSA veut ainsi porter « une attention particulière » aux femmes en adaptant des outils et des engins agricoles et mieux accompagner les travailleurs particulièrement exposés aux risques (travailleurs précaires, saisonniers, migrants, travailleurs en situation de handicap).

Notre dossier : Donner le goût de l’agriculture aux jeunes (03/12/2025)

Au total, conclut Jean-François Futtero au Sia, « la prévention n’est pas un luxe, mais bien un investissement stratégique pour l’avenir de nos filières et de notre société ».